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| Moment de lecture animé par Justine Francioli au Lycée Wallon de Valenciennes. Photos de Maxime Delporte. |
« Il y a poème seulement si une forme de vie transforme une forme de
langage et si réciproquement une forme de langage transforme une forme de vie. »
C’est dans cette perspective dont j’emprunte ici la formulation au Manifeste de mon ancien professeur Henri
Meschonnic, que les Découvreurs conçoivent l’essentiel de leurs interventions.
Tant nous pensons que les jeunes ont besoin de parole. Non d’une parole qui
impose, subjugue mais d’une parole qui relie. Nourrisse et émancipe.
Accablé de messages, subliminaux
et autres, notre esprit n’a pas besoin qu’on cherche à l’embrigader davantage.
Il a besoin d’oxygène et d’échange. Et qu’on lui montre de quoi il est, sans
toujours le savoir, capable. Il lui faut pour cela l’impulsion qui l’amène à prendre
conscience et plus encore à s’émerveiller de ce pouvoir que nous avons, non
simplement de sentir, de nommer ou de décrire le monde mais de lui donner sens,
de le constituer en représentation, de lui donner poétiquement figure, pour
nous le rendre quand même un peu plus habitable.
Grâce aux libérateurs que sont,
pour l’esprit et la sensibilité, devenus aujourd’hui les poètes, multiples sont
les voies qui s’ouvrent à chacun pour inventer
sa parole, opération qui comme le rappelle bien l’étymologie suppose qu’elle puise
aussi bien en soi que hors de soi, dans le monde mais dans la
langue aussi, les éléments qui lui sont nécessaires.





