Affichage des articles dont le libellé est ETRANGERS. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est ETRANGERS. Afficher tous les articles

mercredi 7 juin 2017

SÉLECTION DÉCOUVREURS. POUR UNE INTELLIGENCE ÉLARGIE DU VIVANT. NÉ SANS UN CRI D’AMANDINE MAREMBERT.

CLIQUER POUR OUVRIR LE PDF

J’ai pu il y a quelque temps dire sur ce blog tout le bien que je pensais du livre d'Amandine Marembert que nous avons choisi pour figurer dans la nouvelle sélection du Prix des Découvreurs qui sera lancée dans les classes en septembre prochain. Et je reste intimement persuadé que cet ouvrage sera pour les jeunes à qui nous le proposons plus qu’une simple découverte d’écriture. Il sera sûrement l’occasion pour eux de réfléchir à la manière dont les vies, toutes les vies, sont prises dans des formes et à la nécessité qui est la nôtre de faire l’effort d’entrer le plus possible dans la grammaire parfois bien différente des autres si nous voulons parvenir à une intelligence élargie du vivant.


Je le répète : la beauté du livre d’Amandine Marembert n’est pas réductible à sa dimension anecdotique, psychologique ou médico-sociale. Elle est politique, philosophique et artistique. En un mot poétique dans la mesure où chaque page y est exemplairement vécue comme une tentative de rejoindre par la parole ce qui reste pour nous sans mots. Ce monde « hiéroglyphe » et singulièrement autre qui ne communique avec nous qu’à travers sa respiration. Ses gestes. Ou le profond remuement qu'il nous faut bien apaiser de son silence.

mardi 30 mai 2017

HOMMAGE AUX TRADUCTEURS. 4 POÈMES DE SUSAN WICKS.

Les Ménines Picasso-Velasquez
Le hasard a voulu que je découvre il y a quelques mois le travail de la poète et traductrice anglaise Susan Wicks. Cette dernière qui, après avoir introduit dans sa langue un certain nombre d’ouvrages de Valérie Rouzeau, travaille actuellement sur l’œuvre d’Ariane Dreyfus, m’est encore mal connue mais je souhaiterais lui rendre aujourd’hui un rapide hommage. En proposant de découvrir sur ce blog 4 de ses poèmes où les choses du quotidien forment la matière émouvante d’une poésie toute d’ouverture et de pénétrante sensibilité.
CLIQUER POUR LIRE

Nous ne rendons jamais assez hommage aux traducteurs. Et comme elle nous apparaît stupide cette idée que la poésie est intraduisible et qu’une œuvre traduite ne saurait tenir lieu de l’original. De fait, lecteurs, nous ne faisons que traduire. Tant il est évident que le texte source que nous lisons, même s’il se trouve écrit dans la langue que nous considérons nôtre, ne prend corps en nous, couleur et sens qu’en se voyant reconfigurer par la mystérieuse et complexe machinerie de notre intelligence mémorielle propre et se trouve forcé d’entrer en résonance et dialogue avec l’ensemble des réseaux singuliers de connotations et de significations que notre histoire, notre sensibilité et notre éducation ont plus ou moins profondément tissés à l’intérieur de nous.

Est-ce à dire alors, comme le fait le célèbre narrateur du Temps retrouvé, que chaque lecteur n’est jamais que le lecteur en miroir de lui-même ? Et qu’ainsi nous tournerions en rond dans notre cercle particulier de représentations ou de préoccupations ? Sans doute. Mais on aurait tort d’en oublier que de l’un à l’autre, du texte de l’auteur à l’image qu’en produit le traducteur/lecteur, tout un travail d’accommodation en direction des choses, d’ouverture et de stimulation de nos propres puissances de création, s’effectue. Par quoi nous éprouvons la réelle fraternité qui nous attache aux autres et élargissons, approfondissons cet espace de particularités qu’est, c’est vrai, notre monde. Tant heureusement nous sommes, à travers la parole, des êtres étirables, modulables. Plastiques.

Oui. Si le texte est un peu miroir,  c’est un miroir aimanté. Qui m’affecte et m’oblige en partie à sortir de moi-même. Mieux : à redéfinir et reconstruire, à chaque fois les limites et les conditions de ma propre altérité.

Alors, d’évidence, nous ne pouvons que nous réjouir que l’inlassable travail des traducteurs ait fait paraître devant nous ces d’œuvres dont le manque rendrait notre paysage intérieur autrement plus étriqué et misérable qu’il n’est. Oui, et ce n’est pas un cliché de le dire et le redire, que serais-je sans les traductions d’Homère et de la Bible ? Et tout le travail de pensée et de sensibilité que ces grandes œuvres traduites ont généré au cours des siècles dans toutes les langues de la terre.

Hommage donc aujourd’hui aux traducteurs, compatriotes de l’ailleurs, qui augmentent le monde. Font de l’altérité leur propre et nous offrent la possibilité de nous inventer et de nous réinventer sans cesse au contact de toutes les œuvres, les grandes comme les plus modestes, qui composent le chant multiple, toujours recommencé, de la plus belle part, vraiment, de notre humanité.

lundi 24 avril 2017

UNE BIEN GOÛTEUSE CHAIR DE PAROLES. RHAPSODIE CURIEUSE D’ALEXANDER DICKOW.

MU-QI 6 kakis 
« On ne parle pas les choses mais autour ». Non cette phrase n’est pas tout-droit tirée de Montaigne. Elle vient du dernier livre du poète Alexander Dickow qui, sous le titre de Rhapsodie curieuse, semble consacré à l’éloge du kaki, ce fruit mal connu chez nous du plaqueminier dont nous disent les encyclopédistes il existerait dans le monde plus de 600 espèces, sous-espèces et variétés. 

Écrivons-le d’emblée. De tous les livres que j’ai reçus dernièrement, l’ouvrage de Dickow publié par les intéressantes et exigeantes éditions louise bottuest sans doute celui qui m’aura fait la plus forte impression. Procuré le plus de plaisir vrai. Et le plus convaincu de l’intérêt de ces oeuvres de parole, qui, conduites de l’intérieur, nourries d’une véritable curiosité et science des choses, savent profiter de toutes les libérations produites par plus d’un siècle de renouvellements et d’expérimentations littéraires, d’interrogations aussi sur le dire, pour ouvrir toujours davantage nos sensibilités et nous aider à comprendre, approcher, un peu différemment et pour en mieux jouir, l'obscure évidence ou l'évidente obscurité du monde...

Intitulée Rhapsodie le petit grand livre d’Alexander Dickow coud effectivement ensemble des formes et des registres dont le rapprochement peut sembler a priori curieux. Hymne à la diversité – celle des choses et des langues – éloge du goût et de la connaissance,  satire en creux des conformismes auxquels nous nous laissons paresseusement aller dans nos vies quotidiennes, réflexion philosophique sur les complexes relations existant entre le penser et le sentir, entre le corps et l’esprit, les choses et les mots sensés les définir ... sans oublier contes rapportés, inventés, fantaisistes, pastiches, et surtout maladresses syntaxiques voulues, comme d’un qui viendrait d’une autre langue, tout concourt à produire un livre totalement d’aujourd’hui, où le lecteur bien que confronté à tout un choix décalé et délicieusement imparfait de matières, étrangement, ne se perd pas. Se trouve à chaque page comblé. Assuré qu’il se trouve d’être en présence d’une oeuvre véritable. Visiblement pensée. Sentie. Portée. Riche en saveurs diverses. Multiples. Contrariées.

vendredi 2 septembre 2016

EXOTEN RAUS !

Musée des Beaux-arts de Tours  et son cèdre du Liban
En cette reprise d’année scolaire il m’a semblé utile de revenir sur un ancien billet paru à l’origine dans POEZIBAO et dont le caractère d’actualité, je pense, n’échappera à personne.

Forêts de combat ! (Kampfwälder). Combien de fois ne s’est-on pas heurté, jusqu’au cœur des situations les plus douces, les plus apparemment bienveillantes à cette «dureté imprévue» qu’évoque dans Paysages urbains, Walter Benjamin comprenant au spectacle de fleurs «serrées en pots contre les vitres des maisons», de certaine petite ville du nord – pensées, résédas – qu’elles représentaient moins « un salut de la nature », «qu’un mur contre l’extérieur». 

Politique, idéologie, la vieille fantasmatique de la défiance et des exaltations imbéciles du moi et de l’identité ravage toujours l’ensemble de notre pitoyable et souvent effrayante économie humaine. Sait-on suffisamment par exemple que les gros concepts de supériorité de la race aryenne et de purification ethnique exposés dans Mein Kampf furent, à l’époque nazie, appliqués rigoureusement aussi au paysage. Destruction des espèces dîtes dégénérées, malades. Proscription des variétés insolites. Des feuillages bigarrés. De toute la gamme des grimpantes, des pendantes, des spiralées ! Bordures composées uniquement d’espèces indigènes droites capables de faire obstacle au virus étranger tout en procurant au peuple le milieu nécessaire à son bien-être physique et spirituel. Autour de 1939, le conflit qui embrase l’Europe n’épargne pas les plantes ! Un groupe d’illustres botanistes soutenu par les plus hautes autorités réclamera «une guerre d’extermination» (Ausrottungskrieg) contre… la balsamine à petites fleurs, cette intruse mongole, venue menacer « la pureté du paysage allemand» !

mercredi 29 juin 2016

C’EST L’ÉTÉ ! REGARDONS MIEUX POUSSER LES HERBES.

HARTUNG
Est-ce le pré que nous voyons, ou bien voyons-nous une herbe plus une herbe plus une herbe? Cette interrogation que s'adresse le héros d'Italo Calvino, Palomar, comment ne pas voir qu'elle est une des plus urgentes que nous devrions nous poser tous, aujourd'hui que, du fait des emballements et des simplifications médiatiques souvent irresponsables, risquent de fleurir les plus coupables amalgames, les plus stupides généralisations et les fureurs collectives aveugles et débilitantes. C'est la force et la noblesse de toute l'éducation artistique et littéraire que de dresser, face à tous les processus d'enfermement mimétique, la puissance civilisatrice d'une pensée attentive, appliquée au réel, certes, mais demeurée profondément inquiète aussi de ses supports d'organes, de sens et de langage.

Ce que nous appelons voir le pré, poursuit Calvino, est-ce simplement un effet de nos sens approximatifs et grossiers; un ensemble existe seulement en tant qu’il est formé d’éléments distincts. Ce n’est pas la peine de les compter, le nombre importe peu; ce qui importe, c’est de saisir en un seul coup d’œil une à une les petites plantes, individuellement, dans leurs particularités et leurs différences. Et non seulement de les voir: de les penser. Au lieu de penser pré, penser cette tige avec deux feuilles de trèfle, cette feuille lancéolée un peu voûtée, ce corymbe si mince …

mercredi 15 juin 2016

BASSE LANGUE DE CHRISTIANE VESCHAMBRE. POUR UNE EXPÉRIENCE VITALE DE LA LECTURE.

Mantegna, Descente dans les limbes

« Occident. 2016. Peut-être qu'une époque se définit moins par ce qu'elle poursuit que par ce qu'elle conjure. La nôtre conjure le dehors. Il ne s'agit plus de combattre ce qui n'est pas nous : il s'agit de le faire nôtre. De le transformer en « nous ». Le sauvage, le naturel, l'inexploré, les opposants, l'étranger, le gratuit : rien ne doit rester en dehors du système. L'hétérogène est endogénéisé, l'altérité s'assimile et se métabolise. Le climat ? Il est climatisé. L'inconnu, quel qu'il soit, se radiographie, se cartographie, il est rendu comptable et compatible. Si quelque chose échappe encore, la lisière du géré, le système allonge ses tentacules pour le raccorder au réseau, qui se veut total. »

Les fans, comme on dit, d’Alain Damasio, auront peut-être reconnu la déclaration par laquelle il débute le petit texte qu’a récemment publié La Volte et titré Le Dehors de toute chose. Et il est vrai que nous avons actuellement tout à redouter de cette civilisation de l’hyper-contrôle que nous favorisons par chacun ou presque de nos comportements, de cet univers du recouvrement où du fait de l’euphorie produite par l’illusion de la toute-puissance que procurent les nouvelles technologies nous laissons s’effacer le sentiment créatif de l’irréductible étrangeté et incomplétude du monde pour en abandonner l’architecture aux insidieux et simplificateurs algorithmes des big data.

dimanche 8 mai 2016

ENCORE UNE BABEL PARFAITEMENT RÉUSSIE, AU CHANNEL, AVEC LES ÉLÈVES DU LYCÉE BERTHELOT DE CALAIS !

BABEL BERTHELOT AVEC RYOKO SEKIGUCHI


Une superbe Babel encore cette année avec les élèves du lycée Berthelot ! Construite grâce à l’aide financière votée par l’ancien Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais, autour de la présence lumineuse de la grande poétesse et traductrice japonaise Ryoko Sekiguchi, dans la magnifique salle du Passager, comble pour l’occasion, c’est près d’une centaine d’élèves qu‘elle a rassemblée sur le plateau pour y lire et interpréter des poèmes écrits par les plus grands auteurs de l’Antiquité à nos jours.

Si bien entendu certains se sont montrés encore intimidés par le fait de venir ainsi se présenter sur scène, beaucoup, en revanche ont manifesté de belles qualités comme en aura tout particulièrement témoigné, je pense, aux yeux de tous, la remarquable mise en musique et en voix du célèbre texte de Baudelaire Anywhere out of the world, totalement élaborée par un groupe d’élèves de l’option musique.


De telles manifestations dont on aimerait qu’elles soient plus largement répandues dans tous les établissements de France sont de celles qui nous paraissent les plus à même de redonner vraiment le goût de la poésie à cette jeunesse qui place – c’est son âge -  l’émotion et le partage loin devant les nécessités de l’analyse et du commentaire. Ce qui ne l’empêche pas de réussir dans ses études. Les excellents résultats des élèves du lycée Berthelot de Calais qui mène depuis longtemps une politique d’ouverture culturelle et de rencontres parmi les plus dynamiques à coup sûr de l’Académie en sont la preuve. 


mercredi 4 mai 2016

POUR BABEL ! DU PAIN DES LANGUES ET DES OISEAUX. PARTAGER NOS DIFFÉRENCES !

FRANZ SNYDERS CONCERT D'OISEAUX vers 1635
   
Ce texte est dédié aux élèves du lycée Henri Wallon de Valenciennes que j’ai pu rencontrer à l’occasion de la mise en place de leur première Babel Heureuse !

Babel. Babylone. Babil. Il existerait dans le monde 9000 espèces d’oiseaux. Sans doute aussi, nous dit-on, un nombre presque aussi important de langues. On sait ce qui attend l’ensemble des espèces animales  du fait de ce que les scientifiques n’hésitent plus aujourd’hui à appeler la sixième extinction massive. En revanche sait-on que notre siècle risque également de voir à jamais disparaître des milliers de ces systèmes intelligents et chaque fois singuliers d’invention de la réalité qu’utilisent les hommes pour produire et communiquer leur pensée tout en marquant leur appartenance à une communauté déterminée. 


Si chacun parlait la même langue tout irait-il vraiment mieux dans le monde ? 

dimanche 21 février 2016

DEUX POÈTES TAÏWANAIS POUR DIRE AUSSI NOTRE HISTOIRE !

GRAVURE DE NELIDA MEDINA
Sans doute qu’il y a quelques années, j’aurais accordé aux deux ouvrages que vient de m’envoyer Neige d’août, une attention moins grande. Moins accompagnatrice. C’est que les poèmes de ces deux auteurs taïwanais que Camille Loivier, l’une des chevilles ouvrières de ces publications, a tenu à me faire découvrir, ne relèvent pas de ces écritures savantes, retournées, interrogeant inlassablement leur relation sensible et longue à la parole, déconstruisant, reconstruisant dans une recherche sans fin de leur identité, une langue dont on sait pourtant depuis bien longtemps qu’elle ne nous appartient pas en propre. Je n’ai évidemment rien contre ces voix intérieures qu’il est dans la nature même de la poésie de pouvoir faire entendre mais à l’heure où l’univers dans lequel nous vivons vient si largement à nous et avec lui son lot de négations sanglantes de la plupart des valeurs sur lesquelles s’est bâti notre hypothétique humanité, j’attends désormais que la voix du poète prenne davantage en charge l’Histoire, ses désastres, ses drames, bref, l’infinité des situations le plus souvent peu enviables que le monde tel qu’il est impose à ses populations.

samedi 23 janvier 2016

KATRINA. ISLE DE JEAN CHARLES, LOUISIANE. FRANK SMITH. CES LIEUX QUI SONT AUSSI DES FORCES !

Habitation Isle Jean Charles




















« Il faut s’exercer au lexique de l’écart, de l’éloignement, de la dispersion. Pointer du doigt les formes de l’effacement. L’abandon et l’abolition s’ajoutent à la liste. On lutte contre l’anéantissement, c’est toujours ce que l’on entend au sujet des Indiens. »

Je ne me lancerai pas ici dans une analyse du beau livre que Frank Smith  a consacré au sort de cette terre de Louisiane aujourd’hui noyée dans l’éparpillement, à laquelle, malgré ouragans et cyclones, malgré les féroces dégâts occasionnés par l’exploitation pétrolière, continuent de s’accrocher quelques descendants d’Indiens Biloxi-Chitazmacha-Choctaw qui semblent y avoir mené, dans le vieux temps, c’est-à-dire au moins jusqu’au milieu du siècle dernier, une vie relativement protégée. Je ne ferais assurément pas mieux que l’excellent compte-rendu de Jean-Philippe Cazier, intitulé Poétique de la circulation, qu’on pourra lire en accès libre sur MEDIAPART.

Je ne suis pas familier de l’œuvre de Frank Smith et suis même généralement sceptique sur l’intérêt, pour moi, des livres que défendent a priori quelques-uns de ces artistes intellectuels proclamés d’avant-garde qui semblent lui vouer une certaine admiration. L’agacement que provoquent chez moi la multiplication, dans la création contemporaine, des listes, son refus assez systématique de l’élaboration rythmique et syntaxique, la platitude assez générale de la langue et ses copiés-collés de la soi-disant réalité, aurait dû même me détourner de m’intéresser à un ouvrage où ces choses, à première vue, se découvrent.

Me retiennent pourtant et fortement dans ce livre, non seulement le tableau déprimant de notre monde de plus en plus abandonné aux puissances technologiques, matérielles et financières qui le défigurent et en réduisent toujours davantage la belle et giboyeuse diversité humaine et naturelle. Non seulement encore le dispositif ouvert choisi par Frank Smith pour rendre compte de son empathique relation avec la micro-nation indienne par laquelle il est parvenu à se faire accueillir. Me retient en premier lieu la disposition d’un authentique écrivain qui dans ce livre semble presque totalement renoncer à cette position d’autorité que lui confère en principe sa qualité d’auteur.

                                           Un délestage de soi-même


mercredi 25 novembre 2015

BANDE DE GAZA. SYLVIE NÈVE.

André ROBILLARD, LAM, Villeneuve d'Asq

L’Atelier de l’Agneau vient de publier Bande de Gaza, un intéressant texte de Sylvie Nève que certains peut-être se souviendront d’avoir entendu, il y a quelques années, sur les antennes de Radio-France sous la forme d’un oratorio mis en musique par le compositeur Éric Daubresse. Le livret de cet oratorio s’accompagne de textes plus récents dont l’un d’ailleurs réagit au propos d’un journaliste trouvant apparemment surprenant que l’auteure ait écrit, sans «y  avoir jamais mis les pieds », sur cette terre qu’elle a décidé, non de chanter, mais de prendre comme objet de pensée « pour y comprendre quelque chose ».

lundi 16 novembre 2015

ÉMIR ABDELKADER. POUR QUI LE VEUT CORAN. POUR QUI LE VEUT GUINGUETTE !

Portrait d'Abd el-Kader par Jean-Baptiste-Ange Tissier, 1852, musée de Versailles.
Que peuvent les mots des poètes face aux kalachnikovs ? Je ne sais plus trop ce qu’écrivait Jean-Paul Sartre à propos de cette question abordée par lui dans Le Monde du 18 avril 1964. Et je suis bien certain que les plus beaux poèmes du monde n’ont pas vocation à servir de gilet pare-balles à ceux que la violence déchaînée des hommes a malheureusement placés dans son funeste viseur.
De là à en inférer l’inutilité de l’art ou son impuissance face à ces terribles « architectes de la sensibilité », comme les appelle Don De Lillo dans Mao 2 que sont ceux qui entendent, par la radicalité de leurs actes accomplir la parole de Dieu, venger leurs propres martyrs ou hâter la venue de tel ou tel régime qu’ils voudraient imposer à tous, le pas est large qu’il importe surtout de ne jamais franchir.

L’art, s’il n’est pas propagande, ce qui lui arrive parfois, est l’anti-barbarie par excellence


jeudi 12 novembre 2015

LASZLO NEMES, BORIS PAHOR ET LES AUTRES ... FIGURATION D'INFIGURABLE

Télécharger le Dossier
Le magazine des Idées de Télérama propose cette semaine un article bien intéressant à l’occasion de la sortie du film de László Nemes, Le Fils de Saul. Cet article revient en particulier sur le débat maintenant un peu ancien mais qui n’a rien perdu de sa nécessité entre le célèbre réalisateur de Shoah, Claude Lanzmann et l’important spécialiste de l’image qu’est Georges Didi-Huberman. On sait que ce débat naquit à l’occasion de l’exposition de 4 photographies prises, dans les conditions qu’on imagine, par des membres polonais d’un Sonderkommando qui voulaient, de cette manière, « archiver » pour l’Histoire les abominations dont ils étaient, pour reprendre le mot de Primo Levi, « les vrais témoins » en même temps que les involontaires et tragiques complices.

Je ne discuterai pas de la valeur du film de László Nemes dont je m’étonne quand même qu’il ait été si facilement adoubé par le bien sourcilleux Lanzmann. Je me propose simplement de prolonger la réflexion à travers quelques textes que la vision du film aura contribué à réveiller dans ma mémoire : celui du petit livre de Didi-Huberman, intitulé Ecorces, écrit à partir de sa visite du camp de Birkenau et des photos qu’il a prises lui-même des lieux où travaillaient les membres du Sonderkommando qu’on voit dans le film. Celui du roman de Vassili Grossman, Vie et Destin où il raconte pour la première fois, je pense, dans l’histoire de la littérature, la mort dans une chambre à gaz d’un de ses personnages et où, aussi, il met en scène un ancien comptable faisant le compte des « personnes » dont on lui impose de brûler les corps. À cela j’ajouterai deux courts extraits, eux-aussi bien intéressants du beau livre de Boris Pahor, Pélerin parmi les ombres, que j’ai découvert à l’occasion de la publication du petit livre que j’ai été amené à écrire à la suite de la visite que j'ai effectuée du camp d’extermination du Struthof. Il m’a également paru nécessaire de donner quelques extraits du livre paru en Poche sous le titre évocateur Des voix sous la cendre, où le lecteur trouvera le texte des Manuscrits retrouvés des Sonderkommandos d’Auschwitz-Birkenau.
Ecouter: l'émission de Caroline Broué Le débat sur la représentation de la Shoah est-il clos?

lundi 2 novembre 2015

LA QUÊTE INFINIE DE L’AUTRE RIVE. SYLVIE KANDE.

Cliquer pour ouvrir ou télécharger le Dossier
Dans le prolongement de nos réflexions sur la poésie de circonstances, il nous parait intéressant de revenir aujourd'hui sur un ouvrage que nous avons en son temps défendu,  La Quête infinie de l'autre rive de notre amie Sylvie Kandé, qui a le mérite de situer de façon infiniment plus large ce drame qui n'a fait ces derniers temps que s'amplifier : celui des migrants originaires d'Afrique.

L'idée de revenir sur ce livre paru en mars 2011 dans la collection Continents noirs de Gallimard nous a été donnée par la lecture de l'intéressant ouvrage de Jean-Paul Mari, Les Bateaux ivres que viennent de sortir les éditions Jean-Claude Lattès.

Paysans qui sur le tard s'étaient faits marins / Ils rament désormais sans chanson ni ahan 
  

A ceux que la question intéresse, nous proposons de télécharger notre dossier dans lequel ils trouveront quelques extraits du livre de S. Kandé, ainsi que la note de lecture que nous lui avons en son temps consacrée, le tout accompagné d'un aperçu de l'ouvrage de Jean-Paul Mari. 



dimanche 1 novembre 2015

PROPOSITIONS DE RENTREE


Prenant la suite du 

LES DÉCOUVREURS 2  

continuent d’accompagner les enseignants dans leur recherche d’actions originales, créatrices à la fois de sens et de valeurs, autour de la littérature vivante.




Prix des Découvreurs 2015-2016


Il s’ouvre largement à l’international avec les ouvrages, en édition bilingue, d’un poète chinois et d’une poète irlandaise. Signalons aussi celui d’une poète syrienne, Fadwa Souleimane qui réfugiée en France tente de mettre des mots sur l'expérience profonde qu'elle a du conflit qui ensanglante son pays depuis de nombreuses années.
Le Dossier comprenant d'importants extraits et de nombreuses illustrations peut être téléchargé directement en quelques minutes
Ils offrent de nombreuses possibilités d’exploitation dans les classes même pour celles qui ne participeraient pas à l’ensemble de l’opération.

Découvrir un poète contemporain :