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mercredi 26 septembre 2018

VINGT FOIS SUR LE MÉTIER ! DE NOTRE DIFFICULTÉ À SECOUER LE JOUG DES INDIFFÉRENCES.


Le Titien détail

On connaît la célèbre formule de Boileau : « Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage ». On se doute que pareille prescription n’a que bien peu de chance de se voir retenue dans le contexte d’impérieuse nécessité de vitesse et d’occupation quasi incontrôlée des espaces, auxquelles nous soumettent les univers médiatiques concurrentiels et marchandisés d’aujourd’hui. 


lundi 17 septembre 2018

QU’ATTENDONS-NOUS VRAIMENT DES RENCONTRES D’AUTEUR ? POUR UNE RÉFLEXION ÉLARGIE SUR LA DIVERSITÉ DE NOS PRATIQUES.


L'Equilibre des forces, Carel Willink

Invité dernièrement à suivre l’intéressante journée professionnelle consacrée aux événements littéraires de la région Hauts-de-France par la jeune et valeureuse Agence Régionale du Livre et de la Lecture, je voudrais revenir sur l’importante question malheureusement toujours un peu escamotée de cette fameuse « plus-value » existentielle et culturelle que les organisateurs de rencontres personnalisées autour du livre comptent par-là apporter à leur public et qui, en principe, justifie pour l’essentiel, l’investissement souvent « énorme » qui est le leur.


mardi 12 juin 2018

"LA PUISSANCE D'UNE MOUCHE SUR LE PARE-BRISE D'UNE PORSCHE". À LIRE À LA BOUCHERIE LITTÉRAIRE !


Il y a un problème avec le mot poésie : c’est qu’appliqué à quantité de choses qui n’en sont pas,  ce terme leur confère d’ordinaire une forte valeur ajoutée alors que la chose ou les choses, restons vague, que ce terme en principe désigne, souffrent publiquement d’une cruelle désaffection. Bref, la poésie, il semble qu’on en ait d’autant plus plein la bouche qu’on n’en lit dans le fond jamais. 



De cet amer constat, le livre de Marc Guimo que vient, à sa manière un peu provocatrice, de sortir pour le Marché de la poésie qui s’achève, la Boucherie littéraire, tire une suite de variations qu’on pourrait presque dire désopilantes, si l’on était certain que le lecteur pouvait se rappeler l’origine médicale de ce mot. Car c’est vrai qu’avec cette espèce de liberté relâchée de ton et de langage, cette prise plus directe sur la trivialité de nos existences quotidiennes, par laquelle un certain nombre de jeunes auteurs entendent se démarquer du style un peu guindé, gourmet, un brin Guermantes et constipé qu’ils prêtent sans trop les connaître à leurs aînés, l’ouvrage de Guimo fait du bien et désobstrue un peu les rates, même si pour finir on peut sans doute lui préférer les réflexions et les confidences autrement plus élaborées et nourrissantes qu’on trouve par exemple dans l’Écrire et surtout le Basse langue de Christiane Veschambre, parues ces derniers temps, chez Isabelle Sauvage.

lundi 11 décembre 2017

LA GUERRE REND-ELLE FOU ? LES SOLDATS DE LA HONTE DE JEAN-YVES LE NAOURS.



C'est un des multiples avantages des rencontres que nous organisons que de relancer à chaque fois notre curiosité. Pour les livres. Certes. Mais aussi au gré des conversations, des échanges, pour des lieux. Des époques. Des personnes. Des évènements. Des problèmes...


Une de nos rencontres avec Gisèle Bienne, autour de la Ferme de Navarin, a ainsi été l'occasion de nous souvenir avec elle de bien des lectures que nous avons faites autour de la première guerre mondiale - nous en ferons peut-être un jour la liste - mais aussi de nous décider à nous intéresser de plus près à cette question des "mutilés mentaux" qu'un ancien article relatif au Cimetière des fous de Cadillac (Gironde) nous avait fait, en son temps, découvrir.


dimanche 19 novembre 2017

POUVOIRS DE LA FICTION. À PROPOS DE LA MAISON ÉTERNELLE DE YURI SLEZKINE.

Il est des rêves collectifs dont nous avons malheureusement appris à trop bien nous réveiller. Ainsi de celui que nourrit au siècle dernier sur le territoire de l’ancienne Russie toute une génération d’intraitables révolutionnaires qui tenta d’y installer pour l’éternité une société sans classe et sans exploitation par la mise en place d’un régime qui ne se maintint finalement pas plus que le temps d’une courte vie humaine.

Sûrement que ce dernier dont on sait les souffrances et les atrocités dont il fut responsable ne doit pas être regretté. Mais confronté aujourd’hui à l’affirmation tellement écoeurante des inégalités que les sociétés dîtes libérales ont laissé s’établir quand elles ne les promeuvent pas, entre les fameux premiers de cordée qui ne tirent à eux que les bénéfices du travail des êtres qu’ils exploitent et la masse immense de ceux qui, de multiples façons, voient leur vie ou une partie de leur vie, sacrifiée à ce système, pour ne rien dire au passage de ce qu’il en coûte pour la survie de la planète, oui, confronté à cela, on comprendrait qu’on en vienne à regretter ces visions d’avenir radieux et que sous l’apparente résignation des comportements et malgré les efforts d’endormissement des pouvoirs de tous ordres, germent à nouveau, dans nos coins de cerveau toujours disponibles, des projets de « révolution », mûrissent dans nos cœurs des désirs de révolte, s’expriment un peu partout des impatiences et des colères qui pourraient tout emporter demain.
C’est donc avec des préventions moindres à l’égard de la tentation révolutionnaire et de ses effrayantes radicalités que je me suis lancé ces derniers jours dans la lecture du monumental ouvrage composé par l’historien américain Yuri Slezkine qui sous couvert de nous raconter un peu à la manière de la Vie mode d’emploi de Perec, l’histoire des premiers habitants de la fameuse Maison du Gouvernement construite à la fin des années 20, face au Kremlin,  pour abriter quelques centaines de privilégiés du régime, tente d’analyser les ressorts fondamentaux de la psyché bolchevique.

« Toute ressemblance avec des personnages de fiction, vivants ou morts, serait pure coïncidence »


vendredi 17 novembre 2017

SUR NOTRE INCAPACITÉ À NOUS SOULEVER CONTRE CE QUI EST DÉTESTABLE.

Pour des raisons que chacun comprendra et qui débordent largement le parallèle que je faisais entre les mutineries de 1917 et « le délire officiel » de Noël, au moment où d’aucuns se sentent malgré eux, enrôlés dans la défense d’un modèle social dont on voit de plus en plus clairement qu’il ne profite qu’à une minorité d’individus qui se sont, semble-t-il, donnés comme objectif d’exploiter le plus possible leurs semblables, pour ne pas parler des ressources communes de la terre, je crois bon de revenir sur le livre de l’historien André Loez, que j’ai présenté sur mon ancien blog en décembre 2013. Il offrira peut-être à chacun de quoi comprendre en partie les raisons actuelles de notre incapacité à nous soulever contre un état des choses que nous sommes, je pense, de plus en plus nombreux à trouver détestable.

Tout vrai lecteur le sait. À l'intérieur de soi, c'est tout un jeu de configurations et de reconfigurations qui se produit durant le temps de la lecture. Là s'échangent des temporalités. Des situations. Des préoccupations. Celles bien entendu de l'ouvrage et des récits qu'il met en œuvre. Celles aussi qui nous sont propres et qu'aucune lecture même la plus captivante n'est en mesure de suspendre totalement.

Il en résulte parfois des mises en relation surprenantes.

Lisant le très important livre d'André Loez sur les mutins de 1917, que nous ne saurions trop conseiller en prévision des commémorations tous azimuts à venir, tandis que nous subissions la terrible pression commerciale correspondant à ce que Baudelaire appelait déjà dans les Petits Poèmes en Prose, l'"explosion du nouvel an", quelque chose en nous, malgré l'évidente différence des matières, malgré le caractère paradoxal et même possiblement choquant de leur rapprochement, nous enjoignait à chercher ce que ces refus de la guerre étudiés de façon si attentive par l'historien, un peu dans la lignée des préconisations du Michel de Certeau de l'Invention du quotidien, s'efforçaient aussi de nous faire entendre sur notre propre attitude à l'égard de ce qu'il est possible de considérer aujourd'hui comme l'obligation sociale de fête.

mercredi 1 novembre 2017

LE PIRE POÈTE DE L’HISTOIRE ! À PROPOS DE LA HAINE DE LA POÉSIE DE BEN LERNER


Je dois à La Haine de la poésie, ce petit livre du poète et romancier américain Ben Lerner, qu’ont récemment publié les éditions Allia, la découverte de ce que Wikipedia présente comme le pire poète de l’histoire. Rassurons-nous : ce dernier n’est ni notre contemporain, ni de culture française. C’est un tisserand écossais du XIXe siècle répondant au nom de William Topaz McGonagall dont la fameuse encyclopédie en ligne, qui lui consacre un intéressant article, nous apprend qu’en dépit de l’hilarité que suscitait dans le public la plupart de ses lectures, il n’hésita pas, après la mort de Tennyson à faire à pied et sous les plus violents orages, les cent kilomètres de route montagneuse séparant Dundee du château de Balmoral pour solliciter auprès de la reine Victoria, qui naturellement ne le reçut pas, le privilège de se voir attribuer le poste de Poète lauréat ! 


DAUMIER LE POETE LAMARTINIEN
Le système prosodique anglais différant sensiblement du nôtre, il faut lire l’analyse stylistique et les considérations d’ordre métrique que consacre Ben Lerner à l’un des textes les plus déplorablement célèbres que ce McGonagall consacre à l’effondrement, lors de l’hiver 1879, du pont ferroviaire, construit, dans sa bonne ville de Dundee, sur la rivière Tay, pour prendre la mesure, dans le détail, du caractère doublement catastrophique du talent de notre malheureux écossais. La traduction qu’en donne Lerner et qui prend en compte les errements prosodiques du texte initial, fournira toutefois au lecteur une idée de la faiblesse de ses ressources littéraires.

Magnifiqu’ pont ferroviaire du Tay argenté
Hélas ! Je suis vraiment désolé d’annoncer
Que quatre-vingt-dix vies ont été emportées
Le dernier jour du sabbat en 1879
Dont nous nous souviendrons pour de très longues années.

L’objectif de Ben Lerner n’étant pas ici de se moquer à peu de frais de l’ineptie parfaitement reconnue de l’œuvre d’un poète qui ne se survit que par les moqueries dont il fait toujours l’objet de la part de nos amis d’Outre-Manche, je voudrais attirer l’attention sur le fait qu’il ne se penche sur ce lamentable fiasco que pour affirmer quelque chose de la nature même de la chose poétique qui reposerait selon lui sur l’impossibilité de ne jamais parvenir à l’idéal que par essence elle vise. L’échec de W.T. McGonagall à nous faire partager la portée de l’évènement tragique qu’il entreprend de nous exposer ne serait en somme qu’une illustration par l’un de ses cas limites, de ce qui arrive à tout poème concret. Ne se contentant pas, comme on l’observe assez souvent, de ses dimensions programmatiques.

dimanche 5 février 2017

POUR UNE HYGIÈNE DE L’ESPRIT. UNE PENSÉE SANS ABRI. CHRISTIANE VESCHAMBRE AVEC LES LYCÉENS DE BOULOGNE ET CALAIS.

Christiane Veschambre au lycée Branly de Boulogne-sur-Mer
L’école peut-elle se limiter aujourd’hui à des savoirs arrêtés ? À la transmission de modèles ? De listes. De connaissances ou de dogmes à réciter. Non. Et de moins en moins non ! À l’heure où la menace de l’enfermement des esprits dans des systèmes de croyances visant à nier le droit de chacun à sa propre différence alerte à juste titre sur ce que nous voulons sauver de nos démocraties, il est bon de rappeler que la pensée véritable, celle qui fait avancer, est toujours sans abri.

lundi 1 août 2016

ÉCART OU DE LA FOLLE PRÉTENTION DES POÈTES RATÉS.

Les récriminations incessantes des ratés m'excèdent. Parmi elles il en est que je supporte moins encore : celles de ces poètes qui n'ayant rien à dire, rien à nous faire éprouver qu'une profonde commisération pour leur piètre maîtrise, s'offusquent de l'absence d'écho que suscite dans les media leurs œuvres ridicules. Je ne sais qui est ce T. Deslogis dont j'ai découvert il y a quelque temps qu'il nourrissait l'ambition de sauver l'humanité humaine (sic) en publiant chaque jour un poème de sa composition dans un quotidien qui aurait l'intelligence de lui ouvrir enfin ses colonnes ! Mais en matière de dénonciation quant au scandale qu'il y a à frustrer le bon Peuple de sa voix immortelle, ce monsieur ne fait pas dans la dentelle et il semble que son obstination tout comme l'aveuglement de certains de ceux à qui il s'adresse, paient: chacun peut désormais régulièrement se délecter sur le site d'une revue dédiée à la culture (!!!), d'un poème de M. Deslogis traitant d'une actualité aussi capitale que le fut, par exemple, naguère, la sortie de l’ouvrage signé par Dame Trierweiler !

Voici les toutes premières strophes du fabuleux poème, justement intitulé Ecartèlement, que M. Deslogis consacre à cet évènement. Nous y verrons comment, pour reprendre ses mots, notre Archiloque "polit la graine de la pensée et nourrit la part la plus profondément humaine du citoyen":
"Du dénudé nappé d'art, tant la star brille,/ Au contre-vent qui mis à nu tous nous les brise -/Écart...
J'ai vu la rue a vu l'aveugle aussi par mime / A vu la nue qui prudemment titille /À la normale à peine. Alors, là, fallait-il/ Aliéner l'humanique esthétisme ?/ En s'écartant.
Et cependant si les seins ne sont qu'aux filles/ L'émasculé, lui, est Président Où est la crise ? / En Syriak islamisque au commandant Poutine ?/ Ou en Chomdu ? Et non ! En #gateàpine ! / Écart..."
(sic, sic et resic!!!)