Je publie peu. C’est vrai. C’est que si certains textes ne s'écrivent qu’une fois, d'autres continuent de s'écrire en nous longtemps après leur publication. Compris dans le paysage appartient à cette seconde catégorie. L'extrait et la postface qui suivent témoignent de ce dialogue poursuivi.
EXTRAIT :
hautes herbes
devant
il y aurait des jardins des fleurs des papillons des murs
les gestes d’autrefois le bleu des fours des torchons
épaissis de pâte les noms aussi des cent vingt neuf mille
cinq cent quatre-vingt huit d’entre nous les hommes
brûlés vifs dans leurs rues leurs boutiques les cinémas
leurs chambres et les salles d’attente des cabinets
de médecin les ascenseurs les casernes
figures
où sècherait encore un fragment de la mer devenu sel
sur les paupières de vieux corps épluchés des gestes
anciens maternels que rien n’habite plus pas plus
que le corps sans moteur des oiseaux leurs ailes
de goudron au pied des arbres
secs
on se dirait quand même qu’il fait doux qu’on cueillera









