Les éditions Lieux-Dits reprennent aujourd’hui Climats, Épopée de notre ami Laurent Grisel en l’accompagnant d’Odes Zaux Zoizeaux, qui ne sont pas de ces oiseaux qu’on fait voler dans cette poésie sentimentalo-vaporeuse pour ne pas dire cucullisante qui multiplie les fadaises pour faire joli, joli, mais ces « oiseaux déshydratés tombés du ciel par terre » et sur lesquels je reviendrai ces jours prochains à partir de quelques extraits sur ce blog.
La reprise de Climats, épopée arrive on le voit dans un contexte où il ne s’agit plus d’alerter, mais de constater les dégâts : canicules meurtrières, effondrements écologiques en chaîne, territoires ravagés. Ce que Grisel écrivait il y a une dizaine d’années dans une relative indifférence est désormais sous nos yeux — et pourtant toujours nié, minimisé, instrumentalisé par ceux-là mêmes qui en portent la responsabilité.
C’est je crois l’honneur des Découvreurs d’avoir en son temps salué et soutenu en le sélectionnant dans le cadre de son prix à destination des publics scolaires, ce texte engagé, qui refusait les faux-semblants d’une poésie inoffensive et s’attaquait frontalement aux puissances de l’argent et aux logiques prédatrices à l’œuvre derrière le dérèglement climatique. Relire Climats aujourd’hui, sera mesurer à quel point nous avons collectivement échoué à entendre ce qui y était dit avec clarté : non seulement la catastrophe, mais ses causes — politiques, économiques, systémiques.










