« Matrice du poème ardent que la poétesse Denise Le Dantec adresse à Rosa Luxemburg », ce cahier que les éditions Plaine Page viennent de reproduire en fac-similé, en 100 exemplaires numérotés, est bien davantage, me semble-t-il, qu’un document préparatoire. C’est qu’il permet d’entrevoir quelque chose de ce mystérieux travail de métamorphose par lequel une personnalité historique devenue figure accompagnatrice, se fait présence poétique vivante avant de devenir œuvre.
D’ailleurs, plus qu'un carnet de poète, ce cahier est celui d'une artiste. Regroupant 82 dessins librement jetés sur la page, en dialogue avec des citations et des notes, il procède d'un travail apparemment anarchique dont la première impression, lorsqu'on le feuillette, est pourtant celle d'un puissant dynamisme, d'une énergie communicative qui a tout à voir avec la belle figure de Rosa L., cette héroïque militante de l'Internationale ouvrière qui, « malgré la neige, le froid et la solitude », n'aura jamais cessé, à l'image des mésanges dont elle imitait si bien le cri, de croire « au printemps à venir ».









