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| MAGRITTE, LA LECTRICE SOUMISE, 1928 |
Le hasard aura voulu hier que j’ouvre les pages de deux romans policiers dont mon fil d’actualité Facebook célébrait les mérites. L’un d’eux étant censé se dérouler dans les lieux mêmes que j’habite et dans lesquels j’aime à laisser vagabonder mon esprit et mon chien, je n'ai pu m'empêcher de chercher à le découvrir. Même chose avec le second qui se déroule lui dans un état du sud de l’Amérique de Trump et qui lui me tentait par ce qu’il me promettait de complet dépaysement.
Dire que l’écriture du premier des deux me parut très vite indigeste ne serait qu’un euphémisme. Certes on ne lit pas un polar seulement pour des raisons de qualité de phrase. Encore que. Comptent bien entendu l’originalité de l’intrigue, la force des tensions dramatiques, souvent aussi le rendu sinon l’épaisseur de caractère des différents personnages et pour moi la façon dont je me sens immergé vraiment dans un milieu tant physique que social ainsi que politique. Mais là n’est pas ce que j’ai aujourd’hui envie de dire. Qui tient à quelque chose de profondément déprimant. Les nombreux avis laissés sur le site de lecture de mon polar en Côte d’Opale, faisaient état de véritables qualités d’écrivain vantant un style haletant emportant totalement son lecteur[1]. Le premier chapitre en effet s’applique bien à évoquer une fuite à travers la forêt afin d’échapper à ce qu’on imagine être un danger redoutable. Mais tout y est redondant. Saturé. Quasi tautologique[2]. De l’ordre non de l’écriture mais de la rédaction. Le point d’orgue à mes yeux étant atteint à la lecture un peu plus loin de cette scène d’amour que je ne peux résister à l’envie de partager ici : « S’extirpant de sous les draps, Marcus Kubiak et Zoé Rousseau relâchèrent leur étreinte savoureuse, se déliant l’un de l’autre. L’extase déversait son exquis nectar dans les moindres parcelles de leurs corps ruisselants. Des vestiges de plaisir rosissaient leurs visages. »









