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| ZURBARAN, LA MAISON DE NAZARETH |
Au centre d'une scène de la maison de Nazareth, un simple tiroir retient le regard. À partir de ce détail énigmatique, le peintre espagnol ouvre une méditation sur la transmission, l'avenir, les inquiétudes de l'enfance et ce qui, silencieusement, vient à notre rencontre.
L’image s'organise autour d'un détail dont on ne comprend pas immédiatement l'importance. Dans cette toile relativement bien connue de Zurbaran, conservée au Cleveland Museum of Art de Cleveland, ce n'est ni le visage de Marie, ni celui de Jésus qui retient d'abord l'attention, mais un simple tiroir entrouvert[1]. Nous sommes dans la maison de Nazareth où la Mère et le Fils bien que réunis dans une même pièce semblent appartenir par leur répartition dans l’espace ou la couleur de leurs vêtements, à des univers différents.
Scène en apparence domestique. Mais dans cette modeste maison, l'avenir est déjà là. Sous la forme d’une couronne d’épines qu’une simple piqûre d’aiguille aura conduit l’enfant à voir fantasmatiquement projetée sur ses genoux.
Face à l’enfant à qui sa destinée vient soudain d’apparaître, le regard de la mère est peut-être ce qui, dans cette scène apparaît de plus mystérieux. Il ne semble fixer ni son fils ni la couronne mais glisser au-delà d'eux, vers une pensée dont le contenu demeure inaccessible. Faut-il y voir de l’inquiétude, une confiance secrète ? Une forme pourquoi pas finalement de lassitude ? Un peu de tout cela sans doute. Marie ne paraît ni comprendre pleinement ce qui vient, ni l'ignorer.





