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| BONNARD LE COIN DE TABLE |
Stimulé par la conjonction de trois principaux phénomènes : facilité technique de la publication, valorisation maximale de l’expression de soi, recherche de reconnaissance immédiate dans l’espace numérique, jamais le désir de publier n’aura été plus fort que de nos jours.
Mais sérieusement, pourquoi quand on se voit confronté à tant de productions creuses et vaines, continuer aujourd’hui à publier de la poésie ?
Il y a quelques années Jean-Pascal Dubost ouvrait dans POEZIBAO un espace de réflexion autour de cette question en réaction je crois à la brutale et courte affirmation d’une poétesse à la mode ayant assez étrangement déclaré que c’était pour gagner de l’argent ! C’est vrai qu’on comprend mal dans ce cas pourquoi la dite poétesse n’avait pas choisi plutôt de vendre des burgers pour Mac Do.
J’avais à l’époque fourni à Jean-Pascal Dubost ma réponse. Que je relis aujourd’hui en réalisant à quel point comme tout ce que nous improvisons même avec le plus grand sérieux, cette réponse pourra paraître imparfaite, lacuneuse, fragmentaire[1]. Si je n’avais certes pas tort d’affirmer que publier de la poésie était vouloir par là attester de son existence en mal toujours de reconnaissance, la métaphore finale du livre-tombe laisse par trop accroire que la publication ne serait qu’une façon de répondre pour moi à l’angoisse assez commune de notre disparition. Une façon pour finir d’entrer en dialogue avec le temps. Ce temps justement où nous ne serons plus.









