Fatigué de cette vague actuelle d’articles qui glosent à l’envie sur le renouveau poétique opéré en particulier sur les réseaux sociaux par de jeunes poètes décomplexés s’employant enfin à faire passer la barbante poésie de papa, celle aussi qu’entreprend de faire connaître l’école, pour un stérile ensemble de formes inabordables et dépassées. Pour cette presse obscurcie qui n’a d’autres libertés que de savoir s’affranchir aussi bien de la réflexion que de la connaissance l’adhésion d’un millier de likes issus de troupes analphabètes vaut largement l’œuvre critique entière aussi bien d’un Blanchot que d’un Starobinski. Rien de nouveau en somme sous le soleil. Paraître l’emportera toujours sur l’être. Les grossières généralités proférées avec aplomb sur la recherche hésitante et subtile. Pour certains vieux poètes dont je suis la poésie pourtant aura été et est encore un instrument singulier de connaissance. Une forme exploratoire qui délivrée du discours et de toute volonté d’adresser un message cherche à faire surgir l’inattendu d’un sens qui resterait à tous, pour chaque instant, ouvert. Depuis longtemps j’oppose cette façon que peut avoir la poésie d’affranchir l’esprit de la séduction des structures closes à cette autre façon de la pratiquer comme simple manière, jouant potentiellement de toutes les tonalités possibles, de tourner un propos, d’illustrer un sentiment. Le pire étant à mes yeux cette poésie que j’appelle de connivence qui cherche effectivement à séduire son public par tous les marqueurs idéologiques d’appartenance. Ou la même complaisance dans les rejets ou les exécrations. Par nature la poésie qui ne procède pas du discours[1] et refuse de s’y laisser réduire court le danger d’être plus ou moins difficilement lisible. L’autre naturellement ne l’est pas préoccupée qu’elle est avant tout de séduire mais ce qu’elle propose à lire nourrit-il ses lecteurs de la même manière ?
Chacun à notre place nous sommes les acteurs de la vie littéraire de notre époque. En faisant lire, découvrir, des œuvres ignorées des circuits médiatiques, ne représentant qu’une part ridicule des échanges économiques, nous manifestons notre volonté de ne pas nous voir dicter nos goûts, nos pensées, nos vies, par les puissances matérielles qui tendent à régir le plus grand nombre. Et nous contribuons à maintenir vivante une littérature qui autrement manquera à tous demain.
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samedi 13 avril 2024
mardi 12 mai 2020
REMONTER AUX SOURCES DU VIVANT. SÉLECTION 2020 DU PRIX DES DÉCOUVREURS.
Cela aurait pu être pour nous une très belle
semaine. Avec d’abord aujourd’hui la remise officielle à Boulogne du Prix des
Découvreurs 2020 et la découverte toujours très attendue des travaux effectués
autour du Prix par diverses classes de collège et de lycée de la ville, en
présence de nos amis de la Municipalité qui depuis près d’un quart de siècle s’est
indéfectiblement tenue à nos côtés, des représentants du Rectorat de Lille qui lui
aussi ne nous a jamais fait défaut et la présence exceptionnelle cette année de
Philippe Le Guillou, Inspecteur Général de lettres mais aussi écrivain venu
pour parler de la vie littéraire et du roman, car il n’y a pas bien sûr que la
poésie, au monde. Puis nous nous serions rendus jeudi à Calais pour animer en
collaboration cette fois avec nos amis du Marché de la Poésie de Paris, Yves
Boudier et Vincent Gimeno, notre traditionnelle journée de découvertes où sur
la Scène nationale du Channel, notre lauréat 2020 ainsi que la poète et
traductrice Séverine Daucourt-Fridriksson, auraient mêlé leur voix experte à
celles de dizaines et de dizaines de jeunes gens venus à côté de leurs
professeurs, célébrer eux aussi leur intérêt voire leur amour, pour la poésie.
Comme on sait l’épidémie que nous
traversons nous a obligés, non sans tristesse, à renoncer à ces moments
privilégiés. Que nous espérons bien voir revenir bientôt. Comme nous le
répétons sans relâche, la poésie n’est pas ce petit supplément d’âme ou cette
joliesse d’expression qui vous décore à l’occasion un petit pan de l’existence.
C’est une relation fondamentale, originelle, qui depuis toujours, noue et
renoue la vie à la parole et la parole à la vie. C’est pourquoi nous pensons
qu’en ces moments où la vie sous la pression des urgences qui ne sont pas que
sanitaires mais écologiques, économiques, sociales, politiques, va devoir se
réinventer il est plus que jamais important de remonter aux sources du vivant
informant, instruisant, la parole dans ce qu’elle a de plus sensible et de plus
rayonnant.
Dans notre nouvelle sélection nous avons
donc tenté de rassembler des ouvrages dans lesquels ce lien profond entre la
parole et la vie, la vie bien sûr sous ses diverses formes, dans ses divers
niveaux d’appréhension, nous a paru évident. Tout en restant autant que
possible accessibles à ces jeunes dont on sait bien qu’ils sont désormais, dans
nos sociétés marchandisées à l’extrême, nourris, si l’on peut dire, d’attentes
et de représentations, le plus souvent grossières. Des ouvrages que nous avons
aimés et qui auraient aussi très bien pu figurer dans notre sélection n’ont pas
été retenus et nous le regrettons. Mais chacun sait bien que l’exercice est
difficile et comprendra qu’il était aussi nécessaire pour nous de proposer une
certaine variété de formes, d’écritures, de thèmes, pour rendre aussi un peu
compte de l’extrême ouverture du paysage poétique contemporain. D’autres
critères sont intervenus comme la disponibilité des auteurs par rapport aux
propositions d’interventions qui j’espère continueront de nous être faites.
Trop d’auteurs cette année se sont dit indisponibles. Raison pour laquelle nous
avons proposé à Jérôme Leroy de revenir dans la sélection et d’être ici le
huitième homme. Nous avions avec lui un programme de rencontres auquel il s’est
sans problème plié mais que le Covid a brutalement interrompu un vendredi de
mars alors que nous étions du côté de la Villa Yourcenar. Il était aussi parmi
les deux ou trois auteurs dont les élèves semblaient le plus apprécier l’œuvre.
Redonner à son livre une nouvelle chance ne nous a pas paru injuste.
Le Prix des Découvreurs 2020-2021 est donc
aujourd’hui lancé. Puisse-t-il contribuer comme il le voudrait tant à redonner
à la poésie autre chose qu’un éclat de surface. Une image débarrassée de tout
caractère passéiste, élitaire et bourgeois. Lui apporter, comme elle en a tant
besoin, de jeunes et nouveaux lecteurs qu’elle accompagnera dans leur parole. Tout
au long de leur temps.
Télécharger la sélection.
Télécharger la sélection.
mercredi 13 novembre 2019
LAURENT GRISEL. RÉVÉLER LA GRANDEUR DE TOUTE EXISTENCE HUMAINE.
Laurent Grisel est un homme d'attention. Aux êtres comme aux
faits. Il l'a prouvé aussi bien par son ouvrage Climats que nous avons sélectionné dans le cadre du Prix des Découvreurs 2016-17 que dans les
différents volumes de son Journal de la Crise. Il le prouve à travers
son engagement quotidien pour dénoncer les ravages de tous ordres de notre
capitalisme financier. Le dernier ouvrage auquel il a participé, suite à une
louable initiative du Centre Social et Culturel de Puisaye-Forterre, témoigne
de ce que nous perdons à ne plus considérer comme pourtant elle le mérite, la
part pas nécessairement la moins féconde et belle de notre humanité.
lundi 23 septembre 2019
SUR UN GRAND TABLEAU DE FERNAND PELEZ. MISÈRE DES CRITIQUES BOURGEOIS !
![]() |
Grimaces et misère, Fernand Pelez, 1888, Petit Palais |
Il
y a dans le monde de l’art, disons plutôt dans le petit monde de la culture qui
affecte de s’intéresser à l’art et aux artistes, des attitudes que je ne
comprendrai jamais. Ainsi celle qui consiste à refuser de prendre en compte le
sujet pour ne s’intéresser qu’à la forme. Déjà dans la Chartreuse de Parme, Stendhal remarquait que « la politique dans une œuvre littéraire »
était vue comme « un coup de
pistolet au milieu d’un concert, quelque chose de grossier», comme si ce
qui déterminait avant tout la vie réelle et souvent malheureuse et souffrante
de la plupart des hommes devait se trouver exclu des préoccupations de
l’écrivain comme de l’artiste véritable.
samedi 16 juin 2018
DITES MERCI AUX POÈTES PRÉTENDUMENT ILLISIBLES !
Oui « bien
fou du cerveau » comme dirait La Fontaine qui prétendrait en quelques
lignes, sinon quelques mots, porter sur
le véritable foisonnement des poésies actuelles en France, un jugement complet,
impartial ou définitif. Nous sommes un certain nombre à lire sans esprit de
chapelle, avec un appétit véritable, dans un esprit d’accueil et de
découvertes, quantité d’ouvrages. Dont pour certains nous faisons l’effort tout
aussi véritable, de rendre compte. Sans nous contenter de quelques mots hâtifs
ou mensongers. Et pourtant qui d’entre nous peut se targuer de tout connaître.
Partant de tout pouvoir juger. Personnellement je suis persuadé que si la
poésie, les poésies d’aujourd’hui, ont quelque chose à apporter c’est précisément
par l’exemple qu’elles donnent de ces multiples singularités qui chacune semble
s’être autorisée à advenir comme Sujet,
Sujet à part entière à l’intérieur
d’une langue qui par ses multiples emplois, tend à l’inverse, de plus en plus,
à travers ce qu’on appelle la communication, à nous assujettir aux discours
intéressés de l’autre. Cette « fabrique » du Sujet, chacun en poésie
la tente à sa manière. Plus ou moins juste. Plus ou moins aboutie. Dans son
arbre généalogique. Je veux dire à partir de ce que les hasards de la vie et de
ses propres lectures ainsi que les conditions générales de sa propre
sensibilité, lui permettent d’atteindre. Il en résulte, considérablement
accentué par l’explosion de toutes les libertés que la poésie depuis plus d’un
siècle s’est attachée à conquérir, au point de ne pouvoir plus être
formellement définie par personne, des œuvres ou du moins des ouvrages voire
des prestations, d’une diversité, d’une hétérogénéité telle qu’il ne s’en vit
jamais auparavant dans l’histoire. Et toutes loin de là ne sont pas illisibles.
Et toutes ne sont pas le fait de vieux poètes rancis. Et toutes ne sont pas
nombrilistes. Et toutes ne cherchent pas non plus la vaine gloire de se faire
entendre en ouverture du Journal de TF1. Où elles retomberaient, je pense,
nécessairement sous l’empire de ce qu’elles avaient au départ pour vocation de
fuir.
lundi 11 décembre 2017
LA GUERRE REND-ELLE FOU ? LES SOLDATS DE LA HONTE DE JEAN-YVES LE NAOURS.
C'est un des multiples avantages
des rencontres que nous organisons que de relancer à chaque fois notre
curiosité. Pour les livres. Certes. Mais aussi au gré des conversations, des échanges,
pour des lieux. Des époques. Des personnes. Des évènements. Des problèmes...
Une de nos rencontres avec Gisèle
Bienne, autour de la Ferme de Navarin,
a ainsi été l'occasion de nous souvenir avec elle de bien des lectures que nous
avons faites autour de la première guerre mondiale - nous en ferons peut-être
un jour la liste - mais aussi de nous décider à nous intéresser de plus près à
cette question des "mutilés mentaux" qu'un ancien article relatif au Cimetière des fous de Cadillac (Gironde)
nous avait fait, en son temps, découvrir.
dimanche 19 novembre 2017
POUVOIRS DE LA FICTION. À PROPOS DE LA MAISON ÉTERNELLE DE YURI SLEZKINE.
Il est des rêves collectifs dont
nous avons malheureusement appris à trop bien nous réveiller. Ainsi de celui que
nourrit au siècle dernier sur le territoire de l’ancienne Russie toute une
génération d’intraitables révolutionnaires qui tenta d’y installer pour
l’éternité une société sans classe et sans exploitation par la mise en place
d’un régime qui ne se maintint finalement pas plus que le temps d’une courte
vie humaine.
Sûrement que ce dernier dont on
sait les souffrances et les atrocités dont il fut responsable ne doit pas être
regretté. Mais confronté aujourd’hui à l’affirmation tellement écoeurante des
inégalités que les sociétés dîtes libérales ont laissé s’établir quand elles ne
les promeuvent pas, entre les fameux premiers
de cordée qui ne tirent à eux que les bénéfices du travail des êtres qu’ils
exploitent et la masse immense de ceux qui, de multiples façons, voient leur
vie ou une partie de leur vie, sacrifiée à ce système, pour ne rien dire au
passage de ce qu’il en coûte pour la survie de la planète, oui, confronté à
cela, on comprendrait qu’on en vienne à regretter ces visions d’avenir radieux
et que sous l’apparente résignation des comportements et malgré les efforts
d’endormissement des pouvoirs de tous ordres, germent à nouveau, dans nos coins
de cerveau toujours disponibles, des projets de « révolution »,
mûrissent dans nos cœurs des désirs de révolte, s’expriment un peu partout des
impatiences et des colères qui pourraient tout emporter demain.
C’est donc avec des préventions
moindres à l’égard de la tentation révolutionnaire et de ses effrayantes radicalités
que je me suis lancé ces derniers jours dans la lecture du monumental ouvrage
composé par l’historien américain Yuri Slezkine qui sous couvert de nous
raconter un peu à la manière de la Vie
mode d’emploi de Perec, l’histoire des premiers habitants de la fameuse Maison du Gouvernement construite à la
fin des années 20, face au Kremlin, pour
abriter quelques centaines de privilégiés du régime, tente d’analyser les
ressorts fondamentaux de la psyché bolchevique.
« Toute ressemblance
avec des personnages de fiction, vivants ou morts, serait pure coïncidence »
vendredi 28 avril 2017
TOUS LES CLAVIERS SONT LÉGITIMES ! MACHINE ARRIÈRE DE SAMANTHA BARENDSON.
Photographie réalisée par l'artiste américaine Sally Mann |
Percevoir et déguster les différences,
entretenir nos capacités de réaction vive et curieuse face à l’heureuse
diversité aujourd’hui menacée du monde, de Montaigne voyageur à Victor Segalen,
l’exote, les grandes figures ne
manquent pas qui m’encouragent à ne pas rester prisonnier, comme disait aussi
Francis Ponge, de ma rainure humaine.
Et rien ne me déplaît tant que de voir comme à l’intérieur du petit milieu
poétique qui de cette façon ne sera jamais grand, à quel point le triste esprit
de chapelle fait que beaucoup s’appliquent – dans les limites d’invention bien
sûr hors desquelles il n’y aurait point d’art – à dupliquer le même et s’entendent
à mépriser ce qui ne ressemble pas.
Il y a loin entre le livre d’Alexander Dickow que j’ai présenté il y a quelques jours et celui de Samantha Barendson dont je
compte parler aujourd’hui. Et ce qui me retient dans cette Machine arrière que Samantha Barendson vient de publier à la Passe
du vent, n’est pas du ressort de l’inventivité formelle ou de la profondeur de
champ. De cette espèce de conjuration élargie d’intelligence qu’on trouve à
l’oeuvre dans la Rhapsodie curieuse
du poète franco-américain. Non, le mérite de la suite de poèmes simples et
courts qui compose Machine arrière
tient justement à son immédiateté. Son évidence qui fait qu’on ne s’interroge
pas sur le fond, les arrière -fonds, la préparation, les complications, les
superpositions que seraient supposée présenter chacune des lignes de ces textes
mais qu’on peut étaler ces derniers devant soi, avec tout le plaisir et la
curiosité qu’on tire d’un jeu de photographies où se lirait l’histoire bien
séquencée et pas trop difficile à reconnaître, d’une vie.
vendredi 10 mars 2017
MAIS CE DÉSIR JAMAIS REPU DE S’INVENTER POUR VIVRE... GÉRARD CARTIER. LES MÉTAMORPHOSES
Cliquer dans l'image pour lire des extraits |
Gérard Cartier qui conclut son recueil par une « table » replaçant chacun de ses textes
à l’intérieur d’un grand dîner aux services gourmands, appréciera sûrement que
j’entame cet hommage en révélant que ses poèmes, tout comme ceux d’un poète
comme Etienne Faure, dont je le sens personnellement proche, sont à chaque fois
pour moi l’occasion d’une lente et attentive dégustation qui presqu’à chaque
mot, chaque mouvement de pensée – mais de pensée sensible – fait que je me sens parcouru de tout un
tremblement d’ondes, qu’elles s’étendent sur toutes les surfaces de
signification qu’enferme aujourd’hui mon dictionnaire intérieur, ou viennent
émouvoir les multiples souvenirs d’une vie passée à lire, écrire et surtout habiter
et apprendre à aimer le monde.
On sait qu’une telle poésie, intelligente, cultivée, nuancée et sensible
n’est plus trop pour plaire à nos contemporains. Qui se fatiguent vite à suivre
ces manœuvres de formes naviguant entre l’intelligible clarté de l’idée
rassurante et la réalité toujours un peu fuyante du sentiment qui en constitue le
tissu profond et tout baigné d’humeurs. Qu’importe. Nous n’écrivons pas pour
les analphabètes. Qui au passage ne sont pas toujours ceux qu’on pense. Et
peuvent être parfois, plus que nous, cuirassés de diplômes.
Les
Métamorphoses de Gérard Cartier ne sont pas de ces livres que nourrit une réalité bien
précise. Qu’ils s’acharnent à épuiser. À circonscrire. C’est au contraire un
livre d’expérience par lequel l’auteur se livrant au langage, à l’aventure de
la parole, cherche en quelque sorte à illimiter
ses possibles, libérer ce qui peut toujours et encore en lui et par lui se
dire. La hantise d’être vivant. Et de
se réjouir de voir. Savoir. Approcher et toucher. Écouter et entendre. Goûter à. Tout ce qui,
bien entendu, se trouve à portée, ou pas, dans le monde.
Le titre des principales parties du livre fournit en quelque sorte le
programme de cette jouissive et dévorante entreprise : Épouser le monde (partie 1), Faire de soi sa discipline (partie 2), Cultiver ses vices (partie 3), Donner sens au chaos (partie 4), Hasarder tous les sentiments (partie 5),
Multiplier les formes (Partie
6).
Des verbes donc. Des verbes. Et des résolutions. Car il y a urgence encore
à vivre. Surtout pour « qui passe /
Sur un pied la frontière de l’âge et vacille / De son lourd vin d’aînesse ».
Et se découvre « si tardif à
célébrer le monde et courir après le temps ».
Peut-être qu’on l’aura compris sans que j’en dise maintenant davantage.
Le livre de Gérard Cartier est de ces livres éternellement jeunes que seuls
écrivent ceux qui en arrivent au point d’avoir à compter sur leurs doigts les
belles et courtes années qu’il leur reste à bien vivre.
Sans crainte d’avoir à quitter bientôt – c’est notre lot - la salle du banquet dont ils auront sur le
papier su recueillir les restes : Bénie
la table et les longs amis....
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