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lundi 10 novembre 2025

IVAR CH’VAVAR SUR LA PLAGE DU MONDE AUX ÉDITIONS LURLURE : UN MONUMENT !



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Difficile de rendre compte d’un tel livre. Tant il offre matière à sentir, éprouver et penser. Que ce soit humainement, je veux dire de sa propre prison de chair et d’aspirations, historiquement, je veux dire là du point de vue de l’histoire de notre poésie et de notre culture, ou encore esthétiquement voire politiquement… J’ai renoncé à tout dire. Heureux déjà si cette présentation pouvait en inciter quelques uns, quelques-unes, à aller voir plus loin qu’ils ou elles en ont, me semble-t-il coutume. 

Parlerai-je de monument ? Faisant soi-même anthologie de ses propres textes, reprenant ainsi au passé une part de ses charges affectives, de son affirmative quoique inquiète vitalité, pour en attester une dernière fois l’existence, entreprenant du même mouvement, l’ultime célébration d’un lieu, Berck, d’un compagnonnage, d’une langue, d’une culture, d’un engagement s’étant efforcé, malgré l’impossible de la chose, de rassembler en poésie comme tout l’être du monde, oui, on peut sans trop hésiter le dire, Filles bleues d’Ivar Ch’Vavar constitue bien un monument.

vendredi 24 octobre 2025

RECOMMANDATION DÉCOUVREURS : FILLES BLEUES DE IVAR CH’VAVAR CHEZ LURLURE !


 

Il me faudra revenir sur ces Filles bleues au bord de la mer qui pour moi empruntent moins au Proust des Jeunes Filles en fleurs ou aux Filles du feu de Nerval qu’à certaines pages du Sanglot de la terre et des Complaintes d’un Laforgue qui serait passé par le surréalisme, certaines images de Munch aussi voire d’Oscar Kokoschka. C’est cru. Savant et barbare à la fois. Solidement ancré dans le paysage particulier d’une vie – Berck, « pour moi le nombril de la planète » - tout en restant terriblement ouvert à l’universel d’une condition envisagée sous l’angle double de l’éternité cosmique et de notre caducité d’êtres marchant vers la mort. Il ne faut pas hésiter à plonger dans un tel livre. Ça fouette. Emporte. Et vivifie !

mercredi 10 septembre 2025

RECOMMANDATION DECOUVREURS : ÉLÉGIES MINEURES DE CHRISTOPHE MANON AUX ÉDITIONS NOUS.


 

Et alors où serons-nous ? que deviendrons-nous ? dans quelles ténèbres serons-nous cachés ? dans quel gouffre serons-nous perdus ? Il n'y aura plus sur la terre aucun vestige de ce que nous sommes. «La chair changera de nature, le corps prendra un autre nom ; même celui de cadavre, dit Tertullien, ne lui demeurera pas longtemps ; il deviendra un je ne sais quoi, qui n'a point de nom dans aucune langue »

Bossuet

 

Je pense être maintenant suffisamment familier de l’œuvre de Christophe Manon pour me dire qu’il ne restera pas insensible à cette envie qui m’aura pris de placer la courte note qui suit sous, non point l’égide, le parrainage, mais la dure, réaliste et puissante perspective dressée par Bossuet dans l’oraison funèbre composée par lui à l’intention d’un certain Père Bourgoing,  supérieur général des Oratoriens.

Sic transit gloria mundi !

dimanche 25 mai 2025

AUTRE COMPATRIOTE DE L’AILLEURS : PAUL LOUIS ROSSI. EXTRAITS DE LES HORIZONS ÉGARÉS CHEZ OBSIDIANE.

 

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Parcourant d’abord, à la découverte, les pages de ces Horizons égarés du poète Paul Louis Rossi, que les éditions Obsidiane, nous redonnent aujourd’hui, sous une forme nouvelle, je m’étais dit que je partagerais volontiers sur ce blog, des extraits de sa première section, justement intitulée Les Horizons égarés, dans laquelle notre auteur comme on sait récemment disparu, évoque à sa façon, toujours des plus personnelles, l’expédition de mon lointain et pas assez bien connu compatriote, Alphonse Pinart, découvreur dans les années 1870, de ces masques Kodiak qui sont une des richesses absolues du Musée de Boulogne-sur-Mer.

dimanche 18 mai 2025

ENCORE UN OUVRAGE QUI NE MANQUE PAS D’INTÉRÊT. LES [NOTES FANTÔMES] DE SYLVAIN JAMET CHEZ LOUISE BOTTU.

  


Pris récemment plaisir à lire les [notes fantômes] de Sylvain Jamet que m’ont adressées les bonnes éditions louise bottu. J’aimerais en partager aujourd’hui quelques-unes, que ce que chacun sait de la nature singulièrement peu joviale des temps ne laissera pas sans résonance. Dans les notes d’accompagnement jointes par l’éditeur à l’ouvrage, Sylvain Jamet précise que les sortes de définitions qui composent son livre « méritent le nom de fantôme en ce qu’elles flottent hors de la personnalité de l’Auteur, tout en restant malgré tout reliées à elle, comme les fameux « membres fantômes » prolongent le corps des mutilés. Il n’y a rien à soi, ici, et pourtant il y a une douleur. Ou disons plutôt, dans le cas de ces notes, une nostalgie. » Il fournit aussi une autre indication fort parlante, évoquant les ghost notes qui en musique, intercalées entre les notes principales, dans les blancs du morceau, « sont marquées d’une croix sur la partition et sont produites par la technique de l’étouffement », ce qui les rend à peine audibles. Rapporté au texte cela signifierait qu’entre les mailles ou au revers de « tout ce que nous croyons devoir être dit […] quelque chose encore joue une toute autre musique. » Intéressant.

samedi 17 mai 2025

PAS ENCORE LASSE LA MAIN QUI ORDONNAIT LE MONDE. SUR LE NOUVEAU LIVRE DE GÉRARD CARTIER : LES BAINS-DOUCHES DE LA RUE PHILONARDE, CHEZ OBSIDIANE.

Bon. Les livres dont il me faudrait parler s’accumulent. Le temps dont je dispose pour le faire avec l’empathique patience qu’ils réclament, se réduit. Il me semble aussi qu’une certaine forme d’énergie, de cette joyeuse et optimiste créativité qui m’a longtemps porté, est en train de m’abandonner. Effet pas seulement de l’âge. De ce climat, je constate, de faux-semblant, d’effrontée publicité de soi-même qui, de concert avec le panurgisme culturel ambiant, me gâte chaque jour davantage ce beau commerce d’art et de pensée qui devrait pourtant permettre à chacun de se sentir moins écrasé par le cynique mercantilisme des temps. Oh ! Pouvoir d’un seul bond briser l’ombre. Courir comme autrefois en équilibre sur le tranchant de la lumière…

vendredi 9 mai 2025

ANTHOLOGIE DÉCOUVREURS. DEUX POÈMES DE PAUL LE JÉLOUX TIRÉS DU JARDIN SOUS L’OMBRE, CHEZ OBSIDIANE.

 

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Il se pourrait finalement que ce blog propose désormais davantage d’extraits directement à découvrir que de notes de lectures plus ou moins approfondies. Après tout ce sont les textes qui sont intéressants. Qu’on a envie de partager. Pouvant se lire et se relire. Leur sens allant sans cesse, mouvant, s’élargissant. Aujourd’hui sensible à l’envoi que vient de me faire sa nièce, du dernier ouvrage de son vivant publié par Paul Le Jéloux, Le Jardin sous l’ombre, j’ai plaisir à proposer à la lecture ces deux beaux textes qui m’auront particulièrement touché. Par l’ampleur du regard ici porté sur notre condition sans que le caractère extensif de ce dernier se perde comme souvent c’est le cas, dans cette espèce de pensée vague encartonnée qu’affectionnent ceux qui n’ont rien à dire. Non le clair-obscur de notre être au monde s’y révèle bien dans des jeux d’images parlant en profondeur à notre imagination. Celle qui effectivement depuis les origines avance en nous à pas de loups, cherchant à la fois l’aliment et le signe.  

TEXTES : 

dimanche 23 mars 2025

REDEVENIR HEUREUX ! UN CHOIX DE POÈMES EXTRAITS DE PARMI TOUT CE QUI RENVERSE.

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Je ne sais plus trop dans quel texte Mahmoud Darwich revendiquait son droit bien que palestinien censé lutter pour la reconnaissance des droits du peuple auquel il était fier d’appartenir, de continuer parallèlement à célébrer l’amour comme aussi la beauté du monde. C’est pour pouvoir justement en toute liberté vivre, parmi les autres, un jour heureux sur cette terre que déchire toujours aujourd’hui tant de conflits alimentés le plus souvent par des intérêts extérieurs exploitant les passions les moins nobles de l’homme ainsi que sa bien calamiteuse bêtise, qu’un poète véritable, je crois, s’engage. C’est pourquoi il ne doit surtout pas cesser d’exalter ce qui confère à son combat sa justification ultime.

Je n’ai donc pas scrupule après avoir dit le bien que je pensais du dernier ouvrage de Claude Favre qui dresse devant nous le sombre tableau de la marche de plus en plus terrible des choses, à partager maintenant sur ce blog, ces poèmes dont le titre, redevenir heureux, et j’espère aussi le contenu, appellent à d’autres relations, essentielles, avec les véritables puissances de vie dont nos conditions économico-politiques et les états psychiques qu’elles génèrent, s’ingénient à nous détourner. 

jeudi 20 mars 2025

ANTHOLOGIE DÉCOUVREURS. DEUX POÈMES D’HENRI DROGUET.


Comme promis voici 2 poèmes extraits du dernier livre de Henri Droguet, Petits arrangements avec les morts que viennent de publier les éditions Gallimard.

Je signale, comme en informe d’ailleurs l’auteur, que le titre de ce recueil est une référence claire au film de Pascale Ferran, Petits arrangements avec les morts, sorti en 1994.

 

Avant de procéder à la lecture de ces textes, je ne crois pas inutile de prendre connaissance de la citation de Chesterton utilisée en épigraphe par l’auteur :

« Le monde ne mourra pas par manque de merveilles, mais uniquement par manque d’émerveillement. »

mardi 11 février 2025

SAUTONS DANS QUI RESPIRE AVEC JADIS POÏENA D’HÉLÈNE SANGUINETTI CHEZ FLAMMARION.

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SAUTONS

dans qui respire,

 

Se servir du point comme tremplin. De la virgule non pas comme une pause, mais une entaille, pour accélérer l’écriture, la pousser en avant. En avant ! C’est le mot d’ordre du poème dans l’œuvre d’Hélène Sanguinetti, même quand, traversé par un deuil, il se tourne vers le Jadis, « la douceur propre au jadis », comme elle l’écrit dans son Avant-Propos qui explique la raison pour laquelle elle a finalement accepté la proposition d’Yves di Manno, de conjuguer dans un même recueil son dernier livre-poème, Jadis, Poïena, sous titré une poème et son tout premier livre, Fille de Jeanne-Félicie, écrit il y a plus de 38 ans.

C’est en fait de mouvements et de relations, d’élans, de ruptures, de coups d’arrêt et de reprises, d’une suite syncopée d’impulsions que procède l’art poétique d’Hélène Sanguinetti. Qui cherche moins à rendre compte du réel qui l’entoure qu’à lui rendre coup pour coup, répondant toujours à la violence à la fois merveilleuse et terrible des choses par une façon bien à elle de stimuler, d’électriser la langue, pour la reconvertir en vie. Jusque dans la chute, la perte ou le regret.

Jadis, Poïena, d’Hélène Sanguinetti, est une mise en théâtre de voix venant de divers points répliquer, au sens presque sismique du terme, au deuil qui l’a frappé. Choc puissant dont les marques restent bien visibles à l’intérieur d’un(e) poème qui, à la façon des grandes lyriques d’autrefois, commence par invoquer les Muses, aujourd’hui devenues ombres et revient par deux fois, à l’intérieur de courts blocs de prose, sur l’enfant qu’elle a été, Fille de mère bien sûr, mais aussi de tout un paysage, milieu, matériel et humain, qui lui auront fait famille.

Alors, quand s’élèvent ces voix, jusqu’à celle de deuil qui aujourd’hui profondément les colore, il se produit la même chose dans sa langue qu’une explosion d’énergie qui fait, qui veut, que « des mers reculent / d’autres avancent », que les « fleurs/fanées se réveillent,/ se remettent/ en bouquet,/ de l’autre côté/ de la frontière, », tandis que les images toujours vives des anciennes amours reviennent, descendent « sans freiner/ à peine un bout/ de savate ROUIIIIINNNNN ! » jusqu’à l’eau de la rivière.

Ça sent bon alors « l’amour du sauvage », « l’amour des Huns ».

Ces « Huns » dont en même temps il importe de ne pas oublier la violence destructrice dont ils restent chargés dans notre imaginaire.