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mercredi 25 septembre 2019

VIVRE DE SA PASSION ? OUI. MAIS À QUEL PRIX. À PROPOS DE FAUT BIEN MANGER D’EMANUEL CAMPO.

Les ouvrages nous permettant de nous faire une idée de la façon dont, au jour le jour, je veux dire dans sa réalité triviale et quotidienne, est vécu le métier de poète, sont à mon avis trop rares pour ne pas devoir être signalés. Entre idéalisation romantique et caricature pseudo-naturaliste, il n’est pas toujours facile de se représenter l’existence par exemple d’un jeune homme d’aujourd’hui entré dans les arts, comme aurait dit Murger « sans autre moyen d’existence que l’art lui-même » et « sans autre fortune […] que le courage qui est la vertu des jeunes, et que l’espérance qui est le million des pauvres ».

C’est pourquoi le petit livre d’Emanuel Campo, Faut bien manger, publié l’an dernier par La Boucherie littéraire, ne doit pas être négligé. Certes, on ne saurait affirmer sans se montrer un brin complaisant, qu’au strict plan littéraire, l’ouvrage apporte quoi que ce soit à l’histoire de la poésie. Écrit avec une certaine désinvolture, recourant à bien des facilités du moment, peu ambitieux donc sur la forme, le travail d’Emmanuel Campo intéresse par autre chose. Une sorte de sincérité ou d’honnêteté retorses par lesquelles il parvient, nous dévoilant l’envers du décor, à faire de ses propres faiblesses, une force et à nous sensibiliser de cette manière aux principales contradictions que la condition d’artiste qui est la sienne, oblige à affronter.

lundi 23 septembre 2019

SUR UN GRAND TABLEAU DE FERNAND PELEZ. MISÈRE DES CRITIQUES BOURGEOIS !

Grimaces et misère, Fernand Pelez, 1888, Petit Palais
Il y a dans le monde de l’art, disons plutôt dans le petit monde de la culture qui affecte de s’intéresser à l’art et aux artistes, des attitudes que je ne comprendrai jamais. Ainsi celle qui consiste à refuser de prendre en compte le sujet pour ne s’intéresser qu’à la forme. Déjà dans la Chartreuse de Parme, Stendhal remarquait que « la politique dans une œuvre littéraire » était vue comme « un coup de pistolet au milieu d’un concert, quelque chose de grossier», comme si ce qui déterminait avant tout la vie réelle et souvent malheureuse et souffrante de la plupart des hommes devait se trouver exclu des préoccupations de l’écrivain comme de l’artiste véritable.