jeudi 18 octobre 2018

APOLLINAIRE ET LA GUERRE. UNE POÉSIE CONTROVERSÉE.

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« Apollinaire depuis 2 mois rumine les cadavres avec Robert, tout le détail hideux des souffrances de guerre, la famine des camps, le froid dans la boue glacée des tranchées. Il «en met», il en ajoute — peut-on en ajouter ? Il n'en veut pas être retiré consolé. Deux mois qu’il barbote dans l'horreur avec Robert, au point que je le blâme de ne vouloir considérer que la souffrance physique et d'y plonger sans trêve. »

Rien ne permet de douter de ce que rapporte ici dans son Journal en date vraisemblablement de novembre 1914, Aurel, l’épouse du journaliste Alfred Mortier, avec laquelle Apollinaire, une fois engagé échangera quelques lettres. Oui, Apollinaire fut profondément affecté et cela bien avant même de les découvrir au front, par les horreurs et les souffrances engendrées par la guerre.

S’il n’en fallait qu’une preuve complémentaire, nous pourrions prendre ce passage d’une lettre à A. Billy du 3 juillet 1915 où il lui parle des corps explosés, des morceaux de main utilisés comme porte-manteaux et écrit : « Si tu voyais ce pays, ces trous à hommes, partout, partout ! On en a la nausée, les boyaux, les trous d’obus, les débris de projectiles et les cimetières. […] On est si près Français et Boches que l’emploi des bombes est démesuré et qu’il n’y a guère besoin de montrer sa tête pour être tué ».

S’il est ainsi peu discutable que l’homme Apollinaire se soit montré vivement affecté par les atrocités dont il fut, en première ligne, le témoin, reste que la façon dont le poète s’empara de ces réalités pour les intégrer à son oeuvre, a posé longtemps question au cours du siècle passé. Certains parmi les meilleurs n’hésitant pas à faire reproche à l’auteur des Calligrammes d’avoir, sinon fait l’apologie de la guerre, du moins, comme l’affirma André Breton dans ses Entretiens, de n’avoir pas su affronter dans ses poèmes «les pires réalités de l’époque ». Et de s’en être détourné au bénéfice d’une cynique activité de jeu.

Dans son étude sur les Poètes de la Grande Guerre et surtout dans sa superbe biographie, sobrement intitulée Guillaume Apollinaire, Laurence Campa fait largement justice de ces accusations, en nous faisant comprendre à quel point, en dépit de tout ce qui, bien entendu, pouvait peser sur lui en termes de discours aliénants, Apollinaire sut s’élever au-dessus des clichés lamentables auxquels sacrifièrent la plupart de ses contemporains poètes.

Il nous semble, quant à nous, important de souligner le caractère « souverain » de la poésie de guerre d’Apollinaire et de témoigner de sa dimension proprement poétique au sens où, sans du tout chercher à en masquer les réalités objectives et terribles, elle se refuse au témoignage naturaliste et entreprend, suivant en cela la leçon de Nietzsche, d’en affronter le chaos, avec toutes les ressources d’un art qui par-delà le bien et le mal, la souffrance et la joie, l’espoir et le regret, se veut une stimulation permanente et toujours renouvelée, surprenante, de la Vie !

https://drive.google.com/open?id=0Bzp8y58gwcB3T2ZPQnpPam1ZLTA 
POUR ALLER PLUS LOIN
Et disposer, à côté de divers textes essentiels d’Apollinaire, d’importants documents dont plusieurs à caractère iconographique, nécessaires à une bonne compréhension des choses, on peut télécharger notre dossier dont nous reproduisons ici le sommaire.

mercredi 17 octobre 2018

RENDRE HOMMAGE ! JEAN LE ROY, POÈTE.


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On doit à l’amitié de Jean Cocteau, qui avait fait sa connaissance à Paris en 1917 par Apollinaire, de ne pas avoir totalement perdu la mémoire de ce jeune et prometteur poète qu’une balle abattit à la tête de sa section de mitrailleuse alors qu’il se trouvait sur le front belge non loin de l’actuelle Résidence d’écrivains du Mont-Noir à Saint-Jans-Cappel.


dimanche 7 octobre 2018

JE NE SAIS HABITER MON SEUL VISAGE. TOUCHER TERRE DE CÉCILE A. HOLDBAN.


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Merci à Cécile A. Holdban de m’avoir adressé Toucher terre, qui vient de paraître chez Arfuyen. On se trouvera je pense touché, par cette façon qu’a l’auteur d’y faire apparaître pour les réunir ses visages dispersés. Et pour elle qui aime à poser souriante, épanouie, devant des buissons de fleurs ou des paysages idylliques, de nous montrer tout en sachant conserver comme une forme de grâce et de préciosité parfois quasi préraphaélite, une sensibilité tout autant mordue par le doute et les mélancolies qui sourdent de la vie qu’exaltée par les enchantements que le généreux élan qui la pousse malgré tout vers l’amour et le monde, imprime dans son imagination.

mercredi 3 octobre 2018

UN AMBITIEUX POÈME DU MONDE. TERRE COURTE DE MARTIN WABLE.


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S’il est une aventure qui n’en finit pas d’interroger, plus ou plus sourdement, l’imaginaire de l’écrivain, c’est bien celle toujours à reprendre, recommen-cer, poursuivre, de la langue à la recherche de ce qui quelque part la fonde. L’anime. Ou la surprend. Entreprise indébrouil-lable tant sont multiples les sons et les images. Les mondes. Dans leurs commerces flamboyants. Et souterrains. Leurs crises. Leurs vraies ou fausses révélations… Les flux d’altérités, d’identités, qui de partout traversent. Chargent. Surchargent. Dévient après les routes vers leurs pentes. Broient les essieux. Faussent les roulements.