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vendredi 21 février 2020

GUERRE AUX RESTAURATEURS ? UNE HALTE Á PIERREFONDS.

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Qu’est-ce qui peut bien constituer l’authenticité d’un monument ? Est-ce principalement comme semble le penser la majorité d’entre nous, la persistance dans le temps de ses matériaux d’origine. Auquel cas rien, nous venant des plus lointains passés, ne sera plus authentique bien entendu qu’une ruine. Ou, comme c’est par exemple le cas pour la tradition japonaise, la forme qui porte son esprit ou pour mieux dire le modèle immatériel qui aura pu dans le passé en susciter la construction et par la suite son usage.

Á ce moment de notre petite histoire nationale où nos responsables politiques auront à se prononcer sur les suites à donner à l’incendie de Notre-Dame-de-Paris, ces questions naturellement se posent. En des termes je veux bien le croire beaucoup plus complexes encore. C’est pourquoi je ne crois pas inutile de partager sur ce blog quelques réflexions qui me sont venues à la suite d’une visite du Château de Pierrefonds qu’on peut finalement considérer comme emblématique d’un type de restauration penchant plutôt du côté de la conception japonaise. Viollet-le-Duc n’a-t-il pas là, dans sa quête du monument perdu situé l’authenticité dans la reconstruction, à force de plongées dans le passé et d’un inlassable travail d’observation et de connaissance mais à partir aussi des matériaux et des techniques de son temps, d’un modèle idéal de gothique capable de parler à nouveau à l'esprit.

On trouvera dans ce dossier outre mes réflexions sur le site et quelques rapides recommandations pour le séjour, deux textes particulièrement intéressants que je donne dans leur intégralité, l’un d’Anatole France exprimant ses réactions à la découverte de Pierrefonds juste après sa restauration, l’autre de Victor Hugo, un  pamphlet magnifique et bizarrement très peu connu, que je recommande vraiment à tous pour sa verve inimitable et pour les multiples échos qu’il peut faire à notre sombre actualité.

jeudi 30 janvier 2020

TRAVAILLER POUR L’AVENIR. DE LA LUTTE DE JACOB AVEC L'ANGE AU MUSÉE DE LA MINÉRALOGIE DE PARIS !


Quel point commun entre La Lutte de Jacob avec l’Ange de Delacroix et ce minerai de couleur-brun-rouge appelé coltan, parfois encore tantalite, dont on nous dit que le sous-sol de la République démocratique du Congo contiendrait plus des trois-quarts des réserves mondiales ? 

Tout dans l’univers est lié. Nous n’avons que le choix des parcours. De ceux qui nous font avancer un peu plus dans la connaissance et la mesure de nos responsabilités. Ou à l’inverse de ceux qui feront de notre existence qu’elle n’aura servi à rien. Pire ! Qu’elle n’aura fait que contribuer à précipiter la perte de tout ce qui en nous, autour de nous, constitue la prodigieuse et fragile beauté de la Vie.

Les choses ne se passent pas trop bien, semble-t-il, ces derniers temps, dans les établissements scolaires. L’extrême concentration des esprits sur l’évaluation, le système des notations et le jeu permanent des contrôles, tendraient selon nos collègues à enfermer les apprentissages dans un temps administratif bien éloigné de ce qui féconde les curiosités, épanouit lentement la réflexion, intensifie pour finir la résonance des découvertes qui transforment.

Alors, un parcours comme celui que nous venons d’accompagner allant du dernier grand combat d’un des plus grands peintres du XIXème à la prise de conscience des guerres dissimulées aujourd’hui dans le monde pour la propriété des terres rares, un parcours qui fait traverser moins d’un kilomètre des rues parmi les plus richement historiques de Paris, du parvis de l’église Saint-Sulpice où se lisent encore des vestiges à moitié effacés de notre grande révolution jusqu’à cette partie préservée de l’Hôtel de Vendôme où se niche l’un des plus beaux musées de minéralogie du monde, un parcours allant de la petite histoire à la grande politique internationale en passant par la science des cristaux et l’art difficile de la fresque, de la petitesse de l’homme attaché à détruire les traces de ceux auxquels il est opposé à la grandeur des quelques-uns qui nous débordent par leur travail, leur créativité ou leur génie, oui, ce parcours pourra-t-il toujours s’effectuer avec les écoles ou ne restera-t-il que le souvenir d’un simple moment arraché à la triste routine d’une formation de plus en plus considérée autour de nous comme un dressage.

Travailler pour l’avenir ! tel est l’intitulé de la singulière journée que nous avons imaginée avec l’équipe rassemblée par le Proviseur du lycée Berthelot de Calais pour effectuer dans l’esprit du Laboratoire Novalis auquel j’ai l’honneur avec les Découvreurs d’appartenir, et dans le cadre d’un travail tournant autour de la publication par les éditions invenit du Système poétique des éléments, une véritable action éducative à vocation transdisciplinaire.

Tenons-nous en aux grandes lignes. Pour une bonne trentaine d’élèves de secondes qui pour la plupart débarquaient pour la première fois dans notre capitale, la découverte de la célèbre peinture de Delacroix La Lutte de Jacob avec l’Ange fut l’occasion de faire comprendre que toute œuvre est combat. Que la beauté, le génie ne sont pas donnés d’emblée. Qu’il existe toujours des difficultés à surmonter. Des matériaux à dompter. Que tout cela, bien sûr, réclame du temps. Parfois beaucoup de temps. Celui de la formation d’abord, puis celui nécessaire à la constitution d’une expérience. Et le temps pour finir de sa conception et de sa réalisation.

Le chemin qui mène de l’église Saint-Sulpice où s’admire (entre quantité d’autres choses) l’œuvre de Delacroix et le Musée de minéralogie (sis au 60 Boulevard Saint-Michel) passe très heureusement par une étroite et très courte rue, la rue Férou, qui fournit en raccourci l’occasion d’évoquer les mille et une richesses que la ville de Paris offre à la considération du promeneur curieux tout autant qu’averti. Sans négliger l’intérêt qu’il y a à se pencher quelques secondes sur le coût des offres immobilières exposées en vitrine de l’agence qui occupe le coin de la rue, et qui remarquons le au passage a pris la place d’une célèbre librairie, L’Âge d’homme !, on peut attirer ici l’attention sur le pouvoir d’attraction et de stimulation d’une capitale qui sur quelques mètres carrés d’habitation et à proximité du célèbre salon de Madame de la Fayette, accueillit tant d’illustres provinciaux tels Prévert, Chateaubriand, Renan, Taine, le peintre Fantin-Latour originaire du Dauphiné sans compter de grands américains comme Man Ray qui y avait un atelier, Hemingway qui dit-on y écrivit l’Adieu aux armes ou encore Scott Fitzgerald.

Bien sûr la rue Férou est aujourd’hui davantage célèbre par l’impressionnant poème mural de 300 m2 réalisé par le peintre calligraphe hollandais Jan Willem Bruins qui a reproduit sur le mur de l’Hôtel des impôts par quoi commence la rue, le célèbre poème de Rimbaud, ce fameux  Bateau ivre que le jeune Arthur aurait lu en 1871 dans un café aujourd’hui disparu, situé à quelques dizaines de mètres, sur la place. Utile nuance à nos propos concernant le vieux Delacroix : la valeur, comme le fait dire Corneille dans le Cid, n’attend donc pas toujours le nombre des années. Et c’est sa force aussi que de pouvoir se lancer, comme le fit Rimbaud et comme le montre son poème, dans l’inconnu et l’aventure déconcertante aussi des découvertes.

Traversant alors les beaux et classiques jardins du Luxembourg en profitant pourquoi pas de ses jolies toilettes gratuites (chose rare !) une photo s’impose avec en arrière plan le grand bassin et la majestueuse façade du Palais où depuis 1799 siège le Sénat de France. Sur quoi se fondent donc la grandeur et la magnificence d’un état ? Pas certain que les jeunes gens qui posent sur la photo se posent cette grave et difficile question. Une réponse leur sera toutefois en partie fournie au Musée de la minéralogie maintenant tout proche où les attend le conservateur Didier Nectoux qui, après leur avoir retracé un rapide historique du lieu,  expliqué les nécessités économiques, industrielles et par voie de conséquences politiques et pédagogiques auxquelles répond une école comme celle de l’École des mines dont le musée dépend, leur avoir magistralement fait comprendre pourquoi la cristallographie allait dès l’an prochain devenir une discipline obligatoire dans l’ensemble des programmes de première, les avoir aussi laissés s’extasier devant les merveilles de roches exposées dans ses innombrables vitrines, finit par leur parler de notre mystérieuse tantalite.

Non, la tantalite n’est pas que ce bloc relativement informe et pas trop séduisant de roche exposé dans la vitrine. C’est un morceau de matière dont l’appropriation est devenue aujourd’hui vitale pour les sociétés qui sont parvenues à rendre indispensables aux milliards d’êtres humains que nous sommes, ces portables par lesquels nous vivons désormais connectés. Les découvertes d’abord fondamentales des savants, la puissante créativité des ingénieurs et le savoir-faire des techniciens et des machines se sont rassemblés pour qu’autour d’une infime partie de la matière cachée dans cette roche, matière dotée de propriétés qu’elle est seule à posséder, puissent fonctionner ces appareils que nous utilisons sans jamais nous poser la question des ressources naturelles indispensables à leur création.

Le travail de connaissance des savants pour déterminer les propriétés singulières des éléments, ont conduit depuis l’avènement de l’ère industrielle, les autorités à s’intéresser sérieusement, méthodiquement, aux richesses innombrables des sous-sols comme à chercher par tous les moyens disponibles à se les approprier. Fut-ce par la guerre. Ou la colonisation. De la vient en partie la grandeur des états. Tous ces cailloux qu’on voit dans les différentes vitrines sont en fait des richesses dont la possession importe. Et conduit comme aujourd’hui par exemple au Congo à ces guerres qu’on dit tribales mais qui cachent en fait des intérêts économiques très puissants.

Demandant à son public de réfléchir un peu aux incidences des portables que chacun tient effectivement bien à la main, Didier Nectoux fait comprendre le lien avec le travail des enfants qui exploitent au Congo les mines de coltan. Lui demande jusqu’à quel point il se sent collectivement capable d’aller pour lutter contre de telles dérives. Avant d’insister sur le fait qu’il appartient à chacun de choisir son parcours. Car le monde a besoin de savants, de techniciens qui travaillent à la fabrication d’un monde plus responsable et proposent à tous des solutions viables. Mais aussi de politiques qui fédèrent les énergies en les organisant autour de lois justes et protectrices. De juristes qui pensent ces lois et les rédigent. De journalistes qui éclairent réellement l’opinion sur les véritables enjeux du monde dans lequel nous vivons. D’artistes qui nous illuminent et donnent un sens plus large à nos aspirations. De professeurs enfin qui sachent bien transmettre. Et qui d’abord éveillent.

Nous sommes passagers du temps. Sur une terre dont nous exploitons depuis toujours les richesses pour nous construire un environnement à la hauteur de nos besoins et de nos aspirations. Mais si ces dernières n’ont aucune limite, il n’en va pas de même des ressources naturelles dont nous disposons. Quel Ange viendra bientôt nous interdire comme dans cet autre tableau de Delacroix vu lui aussi à Saint-Sulpice, de pousser plus avant le pillage de ces biens pour en laisser leur juste part aux générations à venir.

On ne croyait voir là que des cailloux. De petits blocs de couleurs informes, au mieux quelques splendides cristaux arrachés quelque part aux entrailles comme on dit de la terre. On y a vu finalement notre histoire. Et les défis, formidables, qui nous attendent. Cela n’ira pas sans combat. Dans lequel il faudra que nos jeunes s’engagent. Chacun dans son domaine. Mais dans le souci commun de maintenant travailler, mieux que nous, à préserver l’avenir.

jeudi 12 septembre 2019

FAUVELLE, MICHON, COETZEE, LA VENUS HOTTENTOTE ET L’ÉCRITURE BONNE.

Pour Jean-Marie Perret

Gravure de Hans Burgkmair, vers 1508 représentant les khoekhoes
Sensible à certaines remarques qu’on aura pu me faire, je reviens, fidèle à ma manière à la fois concentrique, allusive et indirecte d’envisager, comme je peux, les choses, au livre de François-Xavier Fauvelle, A la recherche du sauvage idéal, qui m’a fourni le point de départ de ma récente réflexion sur quelques impostures courantes de notre poésie. Oui, on ne saurait trop insister sur l’originalité et l’intérêt de la démarche par laquelle cet ouvrage tente de rendre compte de la réalité d’un très ancien groupe humain que les aléas de l’histoire auront amené à disparaître non sans nous avoir laissés construire d’eux une image désolante qui en dit long sur les carences de notre propre équipement moral.

jeudi 21 février 2019

À LIRE ! DESTINATION DE LA POÉSIE DE FRANÇOIS LEPERLIER AUX ÉDITIONS LURLURE.

François Leperlier nous livre dans cet ouvrage qui ne devrait pas manquer de faire réagir, les réflexions que lui inspire « la situation actuelle de la poésie ». Si la critique qu’il fait des multiples tentatives de médiatisation dont fait aujourd’hui l’objet la poésie et dont par ailleurs il affirme qu’elles restent pour l’essentiel sans effet réel, apparaîtra à certains excessivement radicale, il y aura profit, je pense, pour chacun, à profiter de la vision qu’il donne de la nécessité profonde de l’expérience poétique pour approfondir sa réflexion sur la « destination » de son propre engagement.

Oui. C’est aussi pour moi une évidence. Le poème, cet accompli dispositif de figures, cet assemblage singulier de rythmes et de mots par lesquels il se donne à lire ou entendre, ne peut être dissocié de ce qui vitalement l’anime, le traverse : élan, poussée ; de ce soulèvement profond et comme rassemblé de ce qu’on peut appeler l’être ou l’âme ou l’imagination, l’intelligence peut-être aussi… qu’importe. Et c’est pourquoi, je comprends que certains voient dans ce qu’on appelle poésie, une dimension, une aspiration fondamentales de l’humanité qui bien au-delà des mots s’expriment dans la totalité des activités créatrices par lesquelles, sans cesse, nous ajoutons concrètement comme idéalement, de la réalité à la réalité. De l’imaginaire aux imaginaires. Dont nous sommes tissés.

Sans doute y-a-t-il quelque risque à trop diluer les concepts et continuer à n’évoquer par le mot poésie que le genre littéraire qu’il désigne, tout en restant bien conscient du flou et de la grandissante perméabilité de ses limites, permettra peut-être de nous éviter bien des dialogues de sourds. Toujours est-il que je reconnais bien volontiers à l’ouvrage de François Leperlier, Destination de la poésie, qui y voit, lui, le principe générateur, non seulement de tout art mais de toute expérience de conscience sinon de présence véritables au monde, le mérite de mettre ainsi mieux en lumière le type d’exigence que sa pratique personnelle comme son mode d’existence à l’intérieur de la société, réclament.


jeudi 7 février 2019

L'OCA NERA, LA NOUVELLE MACHINE DE LECTURE DE GÉRARD CARTIER. À LIRE !

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L’Oca nera ( titre italien, en français : l’Oie noire ) : je reviendrai sans doute sur cet assez singulier roman que Gérard Cartier vient de publier à La Thébaïde. Il y est question de toute une série de choses qui  se succèdent, s’imbriquent, pour y dessiner la forme toujours un peu difficile à saisir d’une vie envisagée dans ses différents plans :  géographique, historique, familial, professionnel, sentimental, intellectuel… 

samedi 2 décembre 2017

REPLACER LA PAROLE AU CŒUR. À PROPOS DE L’APPEL POUR LA CRÉATION D’UNE MAISON DE L’ÉDUCATION ARTISTIQUE ET CULTURELLE.



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Il vient de paraître dans le Journal Libération du 27 novembre 2017, une Tribune signée par un collectif de personnalités civiles et politiques, appelant à inventer « un lieu où se croiseraient écrivains, artistes, enseignants, élèves et étudiants : une maison pour réfléchir ensemble et pour transmettre la culture à tous ». Si j’aurais personnellement préféré à la place du verbe « transmettre » un terme plus ouvert permettant de comprendre que la culture ne procède pas d’un capital figé qu’il s’agit d’abord de recevoir, mais d’un effort permanent d’éveil et de co-naissance qui permet à chacun de trouver en tout, matière à s’inventer soi-même et à comprendre davantage et les autres et le monde, je ne peux, avec les Découvreurs, que regarder cette initiative avec la plus grande sympathie. 


Et c’est pour contribuer à cette réflexion que je crois aujourd’hui bon de reprendre en partie le texte d’un billet publié en janvier 2014 pour protester contre la façon dont, dans les programmes dits d’éducation artistique, sont trop souvent oubliés, poètes et écrivains, au profit des artistes du corps et de  l’image.



Réduite à la simple vision, l'image ne se partage pas. C'est pourquoi nous nous inquiétons de voir tant de plans généreux, tendant de plus en plus à faire intervenir, en direction des territoires, des artistes de tous ordres, continuer à faire l'impasse sur ces formes essentielles d'art que sont la poésie et la littérature.


Les responsables culturels ignorent très largement les artistes de l'écrit


Nous étant récemment intéressé à la question des relations entre artistes et territoires nous avons pu réaliser à quel point l'artiste était aujourd'hui sinon "instrumentalisé" du moins fortement incité, par les diverses politiques actives dans ce champ, à tenter de résoudre, par des moyens d'ailleurs de moins en moins propres à son art, une partie des grandes questions se posant à nos sociétés : la question par exemple de l'abandon ou du délaissement de certains territoires, celle de l'absence, à une échelle plus large, de maillage entre les différentes parties qui les constituent, pour finir par la grande et difficile affaire qui parfois en découle, de la violence urbaine. Nous reviendrons peut-être un jour sur le détail de ces questions.


Imaginer demander à l'artiste de participer à ce que Jean-Christophe Bailly dans la Phrase urbaine, définit comme "un travail de reprise" n'est pas en soi une aberration. L'artiste par sa sensibilité, son intelligence ouverte capable de coupler dans des démarches souvent plus intuitives que rationnellement organisées, l'esprit d'invention qui découvre et la capacité de création qui impose, peut aider à faire surgir des réels nouveaux. A redonner du sens. Participer à de nouveaux modes de réconciliation entre les êtres. Entre les choses. Entre les unes et les autres, aussi.

Nous ne pouvons toutefois nous empêcher de remarquer que les appels d'offre proposés ainsi aux artistes, soit dans le cadre des politiques d'éducation artistique et culturelle, soit dans celui des politiques d'animation et de reconstruction des territoires qui souvent d'ailleurs se recoupent, ignorent assez largement les artistes de l'écrit. Au profit des artistes du spectacle. De ceux dont l'art n'est pas au premier chef fondé sur la parole. Agit d'abord en affectant les corps. Et les organes. Par le visible.

mardi 4 juillet 2017

ÉDUQUER NOTRE MERVEILLEUSE CAPACITÉ DE PAROLE. LE DOSSIER 2017-2018 DU PRIX DES DÉCOUVREURS.

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Le dossier de l'édition 2017-18 est désormais accessible. Avec les extraits des divers ouvrages sélectionnés, un certain nombre de pistes pour en prolonger la lecture et un nombre important d'illustrations destinées à ouvrir également le regard en direction d'autres formes d'art. 

Nous en reproduisons ici l'avant-propos.

Oui. Nous avons besoin de parole. C’est la vie. Et c’est le propre des poètes ou de façon plus générale de ceux qui entretiennent une relation dynamique au langage que de témoigner de cette nécessité profonde. Et cela n’est-il pas merveilleux de réaliser que nous  sommes dans tout le vaste univers connu, la seule parmi ces millions et ces millions, ces milliards, peut-être, d’espèces vivantes, la seule à disposer de cette capacité de prolonger notre existence en paroles. Des paroles qui nous survivent. Et que pour les plus abouties d’entre elles et les plus nourrissantes, nous pouvons nous transmettre de générations en générations.

Que la poésie soit une parole avant tout liée à la vie, à cette pression que sur nous elle exerce, chacun en trouvera aujourd’hui la preuve dans cette nouvelle sélection du Prix des Découvreurs. Plus centrés sur la sphère affective, privée ou familiale, que les éditions précédentes, plus facilement abordables par de jeunes lecteurs, plus courts également, les ouvrages que nous présentons à leur active curiosité parlent, dans le langage et les formes d’aujourd’hui, de chagrin, de perte, de solitude, de vulnérabilité et de difficulté à être, mais de désirs aussi, d’amours et de tendresses, dans le monde pas toujours bien facile qui nous est donné à vivre. Un monde où la diversité des origines et des conditions marque profondément les existences. Mais où les réserves d’énergie individuelles, la créativité et la généreuse ouverture de la pensée et de la sensibilité font aussi la différence.

jeudi 15 septembre 2016

AUTOUR DE LA GUERRE 14-18. DES RESSOURCES POUR LA CLASSE. UNE BELLE RÉUSSITE ENCORE DU LYCÉE BERTHELOT DE CALAIS.


Nous recevons aujourd’hui,  suite à la commande que nous a passée l’an dernier le lycée Berthelot de Calais, le petit livre que nous avons réalisé autour des paysages de la Grande Guerre. Conçue par Martine Resplandy, professeur de lettres et référente culturelle de l’établissement, l’opération qui a bénéficié de l’aide du Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais et a obtenu le label de la Mission du Centenaire de la guerre 14-18, a conduit une 50 d’élèves de Calais sur les traces de quelques-uns des poètes et artistes du début du XXéme  jetés dans ce qu’on a pu appeler « l’enfer du front ».
  
Accompagnés par 3 écrivains qui se sont efforcés de les aider à mettre des mots sur cette expérience particulièrement difficile, ces élèves ont pu approcher de façon plus significative et profonde des lieux comme le Mémorial de Thiepval dans la Somme, le célèbre Chemin des Dames dans l’Aisne ou encore celui de la Main de Massiges dans la Marne par où passèrent, entre autres, le caporal Cendrars et le sous-lieutenant  Apollinaire. 

Nous donnons ci-dessous à découvrir le PDF de ce petit ouvrage qui témoigne de la qualité que peuvent atteindre les actions menées à l’intérieur d’un établissement scolaire dès lors qu’elles trouvent à s’appuyer sur de véritables compétences et sur des structures animées par une réelle ambition culturelle.

Ceux qui voudraient en savoir plus, voire s’approprier à leur tour de nouvelles ressources, pourront aussi télécharger les importants et très complets documents pédagogiques fournis aux élèves pour préparer leur voyage (cliquer pour cela sur les liens ci-dessous).