mardi 19 décembre 2023

TROIS FEMMES ET SANS DOUTE AUSSI QUELQUES AUTRES POUR SERVIR D’ANTIDOTE AUX ABAISSEMENTS DU MOMENT.

Au centre, fragment de chaussée romaine. Musée national de Rome. Photo G.G.

 Las des propos hâblards, des courtisaneries à l’envie monnayées sur la toile, de l’étalage effronté de soi, des boursouflures de parole, du vide de la pensée, de la médiocrité des engagements… De cette épaisse bourgeoisie des lettres, enfin, qui ne voit jamais le problème qu’il y a de se recommander, je ne sais pas, de Paul Celan, de Thoreau ou de Pasolini, pour encenser complaisamment les Déroulède du présent…

Dans son fameux Journal Virginia Woolf se moque avec perspicacité d’un certain Maurice Baring : « En deçà de ses propres limites, ce n’est pas de second plan, ou du moins pas de manière évidente à première vue. Les limites sont la preuve même de sa non-existence. Il ne peut faire qu’une chose, ce qu’il est lui-même ; un charmant anglais, propre, modeste, sensible ; en dehors de cela qui ne porte pas loin et n’illumine guère, tout est comme cela doit être : léger, sûr, proportionné, et même émouvant. Raconté de manière si distingué que rien n’est exagéré mais que tout est en rapport et bien équilibré. Je pourrais lire de tels livres éternellement, me suis-je écriée. Léonard me répondit qu’au bout de peu de temps on en serait malade à mourir. »

À mourir, oui.

L’épaisse bourgeoisie des lettres, la formule est aussi de Virginia Woolf, qui décerne toujours aujourd’hui médailles, fait salon, fréquente ô combien les lieux dits culturels où il est bon à ses yeux de s’afficher, aspirant par ailleurs à se faire connaître Poooète, n’adoooore plus exactement les œuvres de ce type. Il lui faut sa petite dose bien apprêtée d’extérieure provocation, de soumission aux nobles causes comme aux anticonformismes édictés du moment, mais l’effet général est le même. Fait pour l’essentiel de clichés. C’est pourquoi on la voit toujours encenser non pas la poésie mais ce qui en tient lieu en la personne affectée de ces prolifiques auteurs jouant modestement les génies qui même quand ils parlent de traversée, d’ardeur, de mouvement, d’air, ne font finalement qu’enchaîner des pages immobiles. Parvenant même à noyer, dans l’abstraction, la nébulosité de leur poème, les vocabulaires les plus concrets, les plus a priori chargés de cette vie qu’ils absentent de leur poésie confortable, répétitive, de fonctionnaire.

C’est pourquoi aujourd’hui je voudrais partager à nouveau sur ce blog des articles naguère consacrés à trois femmes que j’ai voulu rassembler pour leur commune manière, malgrè la grande disparité de leur écriture, d’élargir la vie. De la faire passer vraiment à travers leurs ouvrages que jamais aucun programme d’intelligence artificielle ne parviendra à remplacer. J’aurais pu ajouter à ces trois vraies poètes, quelques autres comme Camille Loivier, Claude Favre, Elke de Ryjcke, Denise Le Dantec, Lili Frikh, Laure Gauthier… et assurément quelques unes encore qui ne m’en voudront pas, j’espère, de ne les avoir pas citées. Je ne dresse pas ici de liste. Ni n’établis de palmarès. Je ne cherche qu’une antidote. Aux abaissements du moment.

 

ECRIRE POUR AUGMENTER LA VIE

Ariane Dreyfus, Valérie Rouzeau & Hélène Sanguinetti

 

I

je savais déjà que l’intimité des choses est la mort.

Georges Bataille l’impossible

 

C’est le mérite des deux longs chapitres qu’Ariane Dreyfus a ajoutés au livre qu’elle vient de réaliser à partir de l’œuvre du peintre Gérard Schlosser, que de nous faire entrer dans son propre atelier d’écrivain pour nous parler de façon détaillée de la genèse de deux de ses poèmes, le premier consacré disons, pour aller vite, à un bol de cerises, le second à la musique.

Contrairement à ce qui peut se passer pour certains, n’hésitant pas à se lancer dans l’écriture, en aveugle, à l’aventure, Ariane Dreyfus ne part pas de rien. Comme elle l’a fait auparavant avec le western, puis la danse, elle se réfère dans son dernier livre à l’oeuvre d’un peintre dont elle dit vouloir avec ses poèmes approcher l’effet puissant qui l’aura amené, dit-elle, à ne plus douter de la vie en général et de la sienne en particulier. La peinture de Schlosser lui impose alors un premier ensemble de contraintes qui seront de cadrer divers morceaux de monde pris au plus banal des quotidiens, de produire des textes courts permettant une saisie globale qui saute au cœur, enfin un système particulier de titrage susceptible de créer un effet de béance vive entre les titres et le poème.

La recherche de l’effet, toutefois, si elle ne repose pas sur une exigence intime, n’est rien. Qui parmi la vaste foule des créateurs ne rêve pas que son œuvre vous empoigne ? Vous étreigne. Vous transfigure. Et à travers vous, le pauvre monde qui n’attendait que leur secourable venue. Non. Le poème ne se nourrit pas d’effets. Mais comme toute œuvre, d’abord d’un excédent d’être qui le porte à chercher dans les mots une expression qui soit à la hauteur de ces forces intérieures, de cette énergie qui à certains moments de la vie, nous débordent. Réclament que nous leur donnions forme. Que nous leur donnions voix. Cet excédent, Ariane Dreyfus le relie dans son premier texte à diverses circonstances. Qui apparemment viennent précipiter son besoin d’expression. Sa relation d’abord à ce fruit, la cerise, auquel tout un réseau mémoriel de sens et d’émotions, en partie littéraires, confère une puissance affective particulière. Sa relation temporairement obscurcie ensuite, avec un ami proche qui rejaillit sur sa perception générale du monde. Dans ce contexte, le temps joue un grand rôle. Conjuguant le sentiment de la plénitude d’un été de liberté, au pressentiment sourd – où le poète allemand Rilke voyait le fondement même de la conscience humaine – de la disparition de toute chose.

Ariane Dreyfus n’explique pas vraiment comment lui vient précisément le vers – ce fameux premier vers – sur la base duquel elle se montre élaborant jour après jour, l’ensemble de son poème. Tout au plus écrit-elle qu’il lui vient, un matin, marchant dans la campagne, à force de se représenter les cerises dont elle croit toujours vouloir parler, telles qu’elles sont inscrites dans la réalité de sa cuisine. Tentative alors d’écriture réaliste, sinon naturaliste qui fait bon marché au minimum, de l’engendrement phonique dont on sent bien à quel point il a également fonctionné dans cette mystérieuse naissance :

Dans le bol transparent les cerises sont serrées

On remarquera que la puissance émotionnelle d’un tel vers – finalement d’une grande banalité – ne peut tenir pour l’instant que par la charge particulière de connotations dont l’affecte la personnalité de son auteur. Pour les autres ce simple vers restera sans doute sans résonance. Sûrement sans retentissement. Mais c’est là qu’il faut redoubler d’attention. Quand Ariane Dreyfus nous montre comment à partir de cet assez mince embrayeur, viennent à se combattre dans la poursuite d’une signification qui se dérobe et évolue sans cesse, son insistant désir d’expression et son insatisfaction devant les limites plus ou moins évidentes pour elles des trouvailles, des solutions, des propositions – comme on dit aujourd’hui – qui donnent peu à peu formes à son poème. Mais formes on le voit bien, longtemps précaires, toujours possiblement contrariées.

Permutations. Suppressions. Déplacement des sujets. Des perspectives. Transfert de catégories grammaticales. Inversions. Eclatements. Regroupements. Condensations…  Tout cela, qui tient à la fois du geste décisif et de l’hésitation, ne signifie en rien que l’auteur serait indifférent, insensible au sens de ce qu’il est en train d’écrire. Ou qu’il manquerait de maîtrise. D’inspiration. Voire serait psychologiquement versatile. Intellectuellement invertébré. Non. C’est que le travail du sens emprunte chez le poète des voies bien particulières. Ouvrant à l’incertain. Impliquant une attitude chez lui beaucoup plus réceptive, attentive aux suggestions inattendues de la langue. A la dynamique des formes qui inventent doublement son dire, le découvrent, le génèrent, davantage encore que sa pensée consciente.

Je sais. Dans l’exposé des difficultés qu’éprouvent les lecteurs novices à comprendre le fonctionnement si particulier de l’expérience poétique, l’absence d’antériorité d’un sens clairement établi, l’invention progressive de la signification au cours de l’élaboration parfois infiniment lente et complexe du texte, le caractère jamais arrêté, élargi, de cette signification, constituent à n’en pas douter des articles majeurs. On conçoit encore beaucoup trop souvent le fonctionnement de la pensée sur le mode classique qui voudrait que les mots ne viennent que traduire, simples signes déposés sur la page, une pensée déjà tout installée, armée prête à jaillir des profondeurs éclairées de l’esprit. Il se trouve en effet quelque chose d’assez déstabilisant pour des intelligences encore un peu brutes, à être confrontées à des textes ne visant pas d’abord à la production d’un message univoque et relevant au contraire de la fabrique d’une pensée ouverte, débordant la logique ordinaire du discours, riche pluriellement de la forme qu’elle s’est obstinément cherchée. Des résonances imprévues qu’elle s’est montrée capable ainsi de libérer.

Le poème ne me dit pas tout, écrit A. Dreyfus à la fin de sa relation. Ou pas tout de suite. Mais il dit quantité de choses. Des choses qu’il faut bien sûr écouter. Pas pour tenter d’y trouver un message réductible à quelque paradoxe ou cliché de pensée comme on en trouve à verse dans les discours, les journaux… Mais pour y entendre l’appel de quelque chose comme la vie. D’une présence. Cette manifestation en lui de forces - restant en partie mystérieuses - qui lui ont donné corps. Un corps de langue. Qui comme n’importe quel corps ne peut être réduit à la somme de ses parties. Ainsi une simple poignée de cerises fera t-elle entendre au lecteur accueillant, le murmure fragile du temps. Mais l’énergique réponse aussi de l’être. Refusant à chaque instant, au fond de soi, tragiquement, de disparaître.

 

II

Ah ! que la vie est quotidienne […]

Non ! vaisselles d’ici-bas

Jules Laforgue Les Complaintes

 

Dans le monde de l’écriture poétique contemporaine, Valérie Rouzeau occupe une place très particulière. Elle apparaît comme une sorte de phénomène où se concilieraient à la grande satisfaction de nos plus anciens préjugés d’école, l’œuvre d’un côté, la vie de son auteur de l’autre. On aime chez Valérie Rouzeau cette impression qu’on a, quand on la voit, d’un être totalement raccord comme on dit, avec celui qu’elle nous donne à imaginer dans chacun de ses livres.

C’est que si Valérie Rouzeau bénéficie d’une culture poétique hors du commun, elle qui a fait de la poésie depuis toujours son univers, publiant son premier livre à l’âge de 22 ans, elle sait dans ses textes, en dépit de tout ce qu’ils comportent d’inventions techniques, de renvois culturels, de jeux musicaux, d’acrobaties de toutes sortes, donner à chacun la généreuse  illusion qu’elle s’y abandonne moins aux pouvoirs de la littérature qu’à l’empire de la vie. Valerie Rouzeau ? Oui. La vie même.

C’est vrai que de sa vie, l’œuvre de Valérie Rouzeau nous livre, en apparence, pas mal de choses. S’autorisant par exemple dans VROUZ à descendre jusqu’aux détails les plus triviaux telle la « petite crotte surnageante disparue des vécés » marquant le passage appliqué de la femme de ménage d’un hôtel de province où la nécessité de gagner sa vie en multipliant rencontres et ateliers l’a fait temporairement jeter son bien léger bagage (p 50). Le lecteur découvre ainsi au détour des poèmes tout un fond d’existence précaire, fortement solitaire en dépit ou à cause de l’insistante agitation des jours. Trains. Avion. Métro. Toujours en route. Trop rarement posée. Avec le corps aussi, pas seulement le cœur, qui à la fin regimbe. Et puis craque.

L’image qui ressort finalement au fil des pages ne sera pas sans conforter celle attendue que la plupart des lecteurs se font toujours aujourd’hui du poète. Celle d’un être sensible au pittoresque comme à la fantaisie des choses, pas trop bien adapté à la modernité, compatissant avec les faibles, en révolte contre l’ordre bourgeois, rejetant les carcans administratifs, ironisant à propos des puissants, de lui-même, porté sur l’amitié, la bouteille, regrettant parfois ses excès… qui viendrait balader sa sensibilité, sa vulnérabilité au cœur des paysages pas toujours bien humains, un peu ratés, chahutés, de nos vies quotidiennes.

Toutefois, la réussite de Valérie Rouzeau ne doit rien à ce qu’on pourrait appeler sa fidélité biographique. Mais bien à cette façon qu’elle a de couler cette figure relativement traditionnelle du poète avec sa grande fatigue et son émerveillement toujours un peu découragé d’être, dans une langue énergisée, réjouissante, alerte, s’autorisant à peu près toutes les libertés. Comme l’écrit Jacques Demarq dans son bel article sur POEZIBAO , il y a chez Valérie Rouzeau une vitalité débordante, une sorte de lâcher-tout terriblement maîtrisé dans ses livres qui rend presque jubilatoire les petites platitudes (p 148), les détresses (p 46), comme les gros accidents (p 19) qu’elle rapporte. Qui fait en tout cas que quelque chose chez elle en profondeur résiste. Redonne à la vie du relief. Et comme un soulagement. Celui de savoir que l’art, les petits bonheurs de la création, ses surprises, au sens presque enfantin qu’on peut donner au terme, conduisent bien au-delà des frontières souvent déprimantes de la vie matérielle ou de la vie sociale. Que le poème aussi fait maison. Qu’il ouvre à qui sait l’habiter, d’autres et plus belles fenêtres. D’où nous pouvons voir la vie. Dans toute sa difficulté. Dans toute sa douleur. Certes. Mais la vie augmentée.

 

III

 

J'ai un jour dit qu'être écrivain c'est se sentir claustrophobe dans le langage des autres. On suffoque littéralement.

David Grosmann, entretien au Nouvel Observateur, novembre 2012

 

 

Pareille à rien, c’est ainsi qu’apparaîtra sans doute à beaucoup la poésie d’Hélène Sanguinetti, tout particulièrement dans ce dernier ouvrage paru aux éditions de l’Amandier qu’elle a intitulé Et voici la chanson, titre a-priori trompeur si l’on attend par là quelque composition à la fois légère et facile, quelque jolie ritournelle simplement destinée à donner voix aux émotions les plus communes.

Loin des clichés dont a effectivement besoin la chanson pour trouver son public et devenir populaire, la poésie d’Hélène Sanguinetti nous propose la traversée d’une langue qui n’est plus celle arrêtée des échanges quotidiens, des pensées raisonnables, soucieuses essentiellement du principe de réalité, mais une langue multiple, kaléidoscopique, à la fois remuante et magique, toute entière portée vers l’inouï, l’ébloui, la fraicheur et le terrible d’un monde dont elle cherche en fait à éprouver par delà le bien et le mal, les figures opposées, la force première, qui serait la vie nue. Ou plus justement peut-être : le sentiment panique (au sens grec) de la vie.

Recréer derrière l’ordre des représentations apprises le surgissement à chaque fois singulier du monde implique pour le poète de réveiller la parole. La libérer de son poids de conventions. S’affranchir de son joug. Affirmer radicalement au risque de l’incompréhension la jouissance d’un parler propre. Chez Hélène Sanguinetti cela s’effectue par ce que l’on pourrait appeler, en reprenant les mots d’Heinz Wiesmann dans le chapitre qu’il consacre à la poésie dans Penser entre les langues, une multiplication «d’exploits linguistiques ». Une succession de secousses, de décharges imaginatives, une production ininterrompue d’intensités affectives qui comme le dit toujours Wiesmann à propos de l’hymne romantique « cherche son destinataire avec la force de propagation d’une vague de chaleur ».

Variations typographiques, insertions de dessins, de formes automatiques, utilisation singulière de la ponctuation, ruptures métriques, bouleversements syntaxiques, inventions verbales, néologismes, alliances inattendues, juxtapositions d’époques et de références, conjugaisons, superpositions de voix venues d’on ne sait où, commentaires elliptiques, reprises, refrains, jeux des paronomases, des onomatopées, insistance des structures exclamatives, des formes infinitives, tout cela, à la fois décousu, éclaté et pourtant profondément lié, compose une suite exubérante, disparate, jubilatoire, surgissant comme une ré-invention permanente de la langue à travers un désir de parole, un désir de vie, dont le lecteur ne doit pas chercher à découvrir à chaque pas le sens, la dimension référentielle, opération dans laquelle il se perdrait, mais par quoi il doit se laisser porter, s’abandonner, comme il s’abandonne à la musique, aux couleurs d’un marché, à l’eau dans laquelle il se baigne, l’air, aux paysages dans lesquels il trouve à respirer. Tous pores, oui, et tous ses sens ouverts.

A qui saura l’entendre alors, l’écoute de cette parole tout à la fois lumineuse et obscure, proche et singulière, qui garde un goût merveilleux d’enfance ne serait-ce que par le matériel des contes bien souvent employé, le caractère joueur, habité, de ses inventions syntaxiques et lexicales, sa constante puissance aussi d’étonnement, jusqu’à l’utilisation des grandes tailles de caractères, laissera une impression de vitalité profonde. Vitalité qui ne doit cependant rien à l’oubli ou l’ignorance des forces meurtrières les plus sombres et terribles du monde comme en témoigne dans les premières pages du texte l’émouvant passage évoquant la tragédie toujours ignorée du Cap Arcona, ce navire de croisière allemand transformé par les nazis en prison et coulé dans la mer Baltique, par les alliés, avec ses 7500 déportés, aux tous derniers jours de la guerre. C’est que la joie d’exister qui est celle d’Hélène Sanguinetti dans ce livre se fonde sur une conscience aiguë de tout ce qui pourrait de partout la briser. Perspective qu’elle met en scène d’ailleurs dans la danse plutôt que dans la confrontation tout au long de son texte de JOUG et de JOUI dont sa quatrième de couverture indique qu’ils « sont le jour et la nuit, la lune et le soleil, l’eau et la soif, Eros et Thanatos, mais aussi bien le Méchant et le Gentil des contes, le malheur et le bonheur, malchance et chance, douleur et plaisir, elle et lui, tantôt lui, tantôt elle, tout le monde, personne. Deux anguilles, deux drôles de larrons inséparables ». Bref toutes les faces opposées, dissonantes, résonnantes, déconcertantes aussi qui constituent le lot de notre incertaine, confuse mais aussi chatoyante humanité.

Et si la parole semble partout diffractée dans cet univers singulier, dispersant éclats brillants et d’autres comme elle dit, terreux, elle fait toujours en filigrane courir, circuler la chanson têtue, obstinée de cette voix en nous qui a tous les visages sans en avoir aucun, qui veut joie, veut chanter tout, regoupiller tout le chanter !  Sans chercher jamais à se sédentariser. Certaine que ce qui en fait le tranchant, c’est l’ouverture. Sa vitale, inépuisable, mobilité.

 


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