jeudi 20 mars 2025

ANTHOLOGIE DÉCOUVREURS. DEUX POÈMES D’HENRI DROGUET.


Comme promis voici 2 poèmes extraits du dernier livre de Henri Droguet, Petits arrangements avec les morts que viennent de publier les éditions Gallimard.

Je signale, comme en informe d’ailleurs l’auteur, que le titre de ce recueil est une référence claire au film de Pascale Ferran, Petits arrangements avec les morts, sorti en 1994.

 

Avant de procéder à la lecture de ces textes, je ne crois pas inutile de prendre connaissance de la citation de Chesterton utilisée en épigraphe par l’auteur :

« Le monde ne mourra pas par manque de merveilles, mais uniquement par manque d’émerveillement. »

 

Bien entendu la lecture d’un livre de poésie se suffit à elle-même. Je reste de ceux pourtant qui trouvent intérêt à les voir davantage encore s’éclairer par les commentaires lumineux que sont capables d’en produire quelques rares et précieux critiques. C’est pourquoi je tiens à signaler la très intéressante note de lecture de Jean-Claude Pinson, à propos d’un précédent livre de Henri Droguet, Désordre du jour, que j’ai découverte ce matin même sur Sitaudis. J’en extrais ces quelques phrases :

 

« S’ils dépeignent bien les ciels et les nuages, les poèmes d’Henri Droguet sont aussi des paysages de mots où le littoral se confond avec le littéral [...] ; des paysages jubilatoires, abstraits et très concrets à la fois. Abstraits parce que la matière verbale, venant au premier plan, dilue, émiette le motif (son signifié). Concrets, parce que toujours les mots apportent avec eux, violemment sentie, la charge de présence et de concrétion de leur référent. »

 

« Très chahutée, soumise à toutes sortes de torsions, la langue de Droguet, sa contre-langue, n’est en effet jamais en repos, toujours prenant la tangente et se dérobant aux conventions en usage. On ne peut pas ne pas remarquer d’abord la grande richesse de la palette lexicale. Elle puise aussi bien dans les lointains historiques de la langue (« velimeux », par exemple, emprunté à Villon) que dans le thésaurus des vocabulaires scientifiques (celui de la botanique notamment), ou encore le lexique patoisant et l’argot (le mot « jouasse » par exemple). Sans compter tous les termes que l’auteur invente (l’averse est ainsi dite « migreuse encrugée »). Plus largement, ce qui frappe, c’est la constante inventivité de la langue de ces poèmes. Court le plus souvent, jouant de l’ellipse et de la liste parataxique, le vers est emporté dans une course de carnaval (« à courre à courre »), où une syntaxe syncopée ne cesse de faire la peau au beau langage, au « bon usage ». Et si l’auteur recourt par exemple à la vieille antéposition de l’adjectif, c’est pour la rafraîchir et la subvertir, en faire grincer l’emphase poétique au moyen, par exemple, d’un procédé cumulatif où vient se glisser, wagon parmi d’autres, un mot inventé (« les mirageux épars nuages »).

Pour lire l’intégralité de la note : https://www.sitaudis.fr/Parutions/desordre-du-jour-d-henri-droguet.php

 

VOIR NOTRE CHOIX DE POEMES DE HENRI DROGUET EN PDF 

 
 

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