En matière de théâtre je ne suis qu’un suiveur. Depuis de longues années mon épouse et compagne, qui adore le théâtre, la scène et ses acteurs, m’aura fait découvrir nombre d’œuvres dont je ne saurais dire si elles sont de fait réellement majeures mais qui m’auront semblé la plupart du temps tout-à-fait remarquables. Son goût en la matière ainsi que ses connaissances étant largement supérieurs aux miens, je la suis donc en toute confiance, les spectacles qu’elle choisit n’étant jamais dépourvus d’intérêt. Ainsi cette dernière semaine j’aurai pu assister à la seconde partie d’Ici sont les dragons, vaste fresque historique, présentée au Théâtre du Soleil par la compagnie d’Ariane Mnouchkine, la longue, très longue performance d’Angelica Liddell, Vudu, au théâtre de l’Odéon et Hécube, pas Hécube, de Tiago Rodrigues, avec les acteurs de la Comédie française au Théâtre de la Porte d’Italie.
N’étant pas critique théâtral, je ne m’aventurerai pas à livrer ici une analyse comparée de ces trois spectacles, mon propos ne visant au départ qu’à faire état de ma stupeur devant les réactions du public, telles qu’il m’a été donné de les observer à la fin d’un de ces spectacles, réactions qui nous en disent long, je crois, sur les phénomènes d’entraînement à l’œuvre dans nos sociétés actuelles où l’idéologie, le discours – ici pour commencer le discours soit-disant féministe – l’apparence de la radicalité, l’emportent de plus en plus sur la réalité des formes et la vérité des contenus.
