J’aime bien Hervé Martin. Cela fait une trentaine d’années que nous avons fait connaissance aux 24 heures du Livre du Mans où lui et moi étions invités en compagnie je me souviens du regretté Bernard Vargaftig et d’autres dont malheureusement j’ai oublié le nom. Sans nous fréquenter vraiment nous échangeons nos livres, parfois nos impressions et je lui dois d’avoir en lui un lecteur vrai, fidèle qui ne m’a jamais manqué.
Hervé Martin est de ces poètes qu’on aime à dire discrets parce qu’ils tournent leur attention vers les réalités modestes, les traces et les gestes ordinaires. Et que leurs poèmes loin des rodomontades de certains illuminés fuient toute emphase comme toute dramatisation. Dans cette Conversation silencieuse qu’il vient de m’envoyer je le retrouve continuant à écouter ce qui en lui cherche toujours à prendre forme. Interrogeant le poème sur sa capacité à se construire en lieu pour retenir quelque chose du monde et de la voix des disparus. S’étonnant sans doute aussi de ses pouvoirs de consolation et de perpétuel recommencement. Cela ne va chez lui ni sans épreuve, ni sans nostalgie. Mais le poème – il l’écrit - reste pour lui un phare indispensable à l’inquiète traversée qu’entreprend sa parole.

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