Les véritables amateurs de poésie connaissent l’œuvre de Claude Minière, dont les éditions Dernier Télégramme republient aujourd’hui un texte paru en 2020 : Le Livre des amis et des ennemis. C’est un mince volume d’une trentaine de pages, composé de 102 courts poèmes, le plus souvent formulés sous forme d’assertions définitives. Associées à l’exergue[1] empruntée au Livre des morts de l’ancienne Égypte, ces propositions confèrent à l’ensemble un caractère quasi sapientiel, qui ne manquera sans doute pas de tenir à distance les poétaillons d’estrade et de salon.
« Que les médiocres aient le plus grand succès / voilà qui est normal / je combats la tentation de glisser à cette adhésion / Ne m’y soumets pas ».
C’est en gardant à l’esprit le parcours de Minière — de sa participation aux avant-gardes des années 70 à son dialogue constant avec les grandes œuvres classiques, de sa pratique du poème à son intérêt pour les arts plastiques et la philosophie — qu’il convient d’évaluer le poids de cette parole exigeante, qui entreprend de tracer les contours de sa Vérité et d’en partager l’enseignement.
