C’est un ouvrage au premier abord bien intéressant que celui que l’Atelier Contemporain nous offre aujourd’hui à lire sous le titre Marelle. On sait que la marelle, jeu très ancien d’enfant, est un jeu d’équilibre, jeu hautement symbolique aussi puisque partant d’une case au sol appelée Terre il n'y est question de rien moins que d’accéder finalement à cette autre case au bout qui figure le Ciel.
Julia Peker, l’auteur, est agrégée de philosophie et psychologue clinicienne. Elle exerce dans un Centre Médico-Psychologique où elle reçoit des enfants et des adolescents. Elle nous explique dans la postface de son livre que les poèmes qui y sont rassemblés sont des « poèmes cliniques » et que chacun d’entre eux « reprend une consultation menée avec un enfant ».
On pourrait juger sévèrement l’attitude qui consisterait à s’emparer de la matière fournie par le mal-être d’un autre pour produire un semblant d’œuvre chargé d’exhiber sa propre sensibilité. Ce n’est heureusement pas la démarche de Julia Peker qui aura bien compris le parti qu’elle pouvait tirer de l’écriture poétique. Non comme moyen personnel d’expression. Mais comme puissance ouverte d’exploration rendant possibles des formes de communication échappant à toute espèce d’enfermement. Car le poème ici est le support avec l’enfant d’un dialogue. D’une reprise qui vient inverser comme elle dit « la situation clinique, puisque là c’est moi qui m’adresse à lui et à un lecteur, à un autre ».