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Aujourd’hui – ça faisait trop longtemps – bon soleil, vent tombé, odeurs de terre, le parfum d’un lilas… C’est un matin de promenade. À divaguer avec le chien… Non. Je ne partage pas l’avis de ceux qui pensent que les espaces numériques librement ouverts à notre curiosité ne sont pas faits pour y partager des formes quelque peu exigeantes de poésie. Tout medium, on le sait, présente ses avantages qui se font toujours au détriment de quelque chose. Si l’avantage du numérique est son apparente gratuité, sa facilité et sa rapidité d’accès, sa capacité à affranchir les auteurs des conditions matérielles, économiques, commerciales et relationnelles auxquelles oblige l’édition traditionnelle[1], on ne doit pas sous-estimer que la démarche consistant à parcourir des yeux un texte proposé sur un fil d’actualité Facebook ne peut être la même que celle conduisant l’acheteur d’un livre à lire ce même texte l’esprit déjà bien disposé, chez lui, voire à la terrasse d’un café. Toutefois quand on sait combien peu nombreux sont ceux qui achètent vos livres, combien sont encore infiniment moins nombreux ceux qui vous font part de leur réaction, la tentation du numérique n’est pas sans séduction.