Les éditions Lurlure dont j’ai eu l’occasion de dire tout le
bien que je pensais proposent aujourd’hui un ouvrage qui ne manquera pas de
réjouir ceux qui dans la poésie voient avant tout sa matière, ses matières, son
infini travail de langue et abordent la littérature avec suffisamment
d’irrévérencieuse générosité pour demeurer des esprits libres et des natures
créatives.
Chacun à notre place nous sommes les acteurs de la vie littéraire de notre époque. En faisant lire, découvrir, des œuvres ignorées des circuits médiatiques, ne représentant qu’une part ridicule des échanges économiques, nous manifestons notre volonté de ne pas nous voir dicter nos goûts, nos pensées, nos vies, par les puissances matérielles qui tendent à régir le plus grand nombre. Et nous contribuons à maintenir vivante une littérature qui autrement manquera à tous demain.
vendredi 14 juin 2019
mercredi 12 juin 2019
LA SECONDE AUGMENTÉE. LA POÉSIE FRICATIVE DE DENISE LE DANTEC. CHEZ TARABUSTE.
De ces égarements singuliers dont sont faits les poèmes,
nous aimons les merveilles. Non celles qui mystifient. Explosant en plein ciel,
pour disparaître aussitôt, loin de vous. Mais celles qui, avec notre vie font
contact. Réaniment. Ne font pas que glisser. Laissent au contraire leur grain,
rude parfois, sur notre peau.
Car il n’est pas vrai que la merveille soit contre toute
réalité. Indifférente à elle. Ne relevant que de la pure fantaisie. D’un jeu
gratuit de l’esprit déréglé s’abandonnant à ses chimères. Cette merveille, que l’auteur
des Illuminations aura d’un geste
souverain, me semble-t-il, imposé pour longtemps à nos imaginaires, procède de
la plus essentielle réalité. De cette réalité incisive. Extensive. Que chacun
peut reconnaître et sentir résonner. Quand il écoute. En soi.
vendredi 3 mai 2019
NOUS CONTENTER DE CE DISCRET MIRACLE. PRÉSENTATION DE LA SÉLECTION 2019-20 DU PRIX DES DÉCOUVREURS.
CLIQUER POUR DECOUVRIR LA SELECTION |
On le sait. Si l’idée de poésie, le mot, jouissent toujours
aujourd’hui d’un évident prestige, la chose, je veux dire les ouvrages qui s’en
réclament et que continuent à tenter désespérément de publier ceux qui se
disent ou se prétendent poètes, sont loin de faire comme on dit recette :
tous les éditeurs vous le diront qui peinent à assurer aux ouvrages qu’ils font
paraître des ventes dépassant non pas le millier mais la centaine, la petite
centaine d’acheteurs véritables.
lundi 29 avril 2019
mercredi 24 avril 2019
LE PRIX DES DÉCOUVREURS 2019 À ALEXANDRE BILLON POUR LETTRES D’UNE ÎLE CHEZ P.I. SAGE INTÉRIEUR.
Une fois n’est pas coutume. Il nous aura fallu, cette année,
attendre jusqu’au tout dernier moment pour pouvoir attribuer le prix des
Découvreurs, éditions 2019, aux Lettres d’une île d’Alexandre Billon. Mais si l’ouvrage du jeune poète irakien Ali Thareb, Un homme avec une mouche dans la bouche, a bien failli remporter la mise, porté qu’il était par la naturelle
empathie qui pousse encore les jeunes d’aujourd’hui vers ceux qui subissent
injustement les violences absurdes qui défigurent le monde, c’est une poésie habitée
par un sentiment plus large et plus universel, ouverte non seulement à
l’inquiétude mais aussi à la joie, au plaisir et au bonheur de vivre que la
plus grande partie de nos jeunes ont finalement élue. Et sans doute faut-il se
réjouir de ce choix qui témoigne de l’ouverture de sensibilité d’une jeunesse
qui sans vouloir ignorer les aspects les plus noirs de notre réalité
contemporaine reste attachée à ce qui continue de chercher à dire, sans
miévrerie, sans pathos inutile, la fragile et inquiète beauté de notre
condition.
jeudi 4 avril 2019
POUR WISLAWA SZYMBORSKA. NOUS SOUCIER AVANT TOUT DES PAROLES VIVANTES !
Bien envie de faire découvrir à l’occasion du prochain prix
des Découvreurs dont nous devons très prochainement délivrer la sélection, la
poète polonaise Wisława Szymborska, dont la collection Poésie/Gallimard a récemment
fait paraître une anthologie dont le titre, De
la mort sans exagérer rien que lui déjà interpelle fortement.
EXTRAIT :
Wisława Szymborska – De la mort sans exagérer
Elle n’entend rien aux blagues,
aux étoiles, ni aux ponts,
au tissage, ni aux mines, ni au labourage,
ni aux chantiers navals, ni à la pâtisserie.
Quand elle se mêle de nos projets d’avenir,
elle a toujours le dernier mot
hors sujet.
Elle ne sait même pas faire
ce qui directement se rapporte à son art :
ni creuser une tombe,
ni bâcler un cercueil,
ni nettoyer après.
jeudi 28 mars 2019
DE LA DIFFICULTÉ DE L’INCARNATION. LE BEL OBUS. UN OUVRAGE DE GUILLAUME DE FONCLARE.

lundi 18 mars 2019
À LIRE ! DU TRAVAIL DE JEAN-PASCAL DUBOST. APOLOGIE DU POÈTE EN LIBRE TRAVAILLEUR.
Ceux que l’activité littéraire, de nature plus spécialement
poétique, intéressent encore, trouveront j’imagine matières à réflexion et autres
nourritures délectables à la lecture du bel ouvrage de Jean-Pascal Dubost, Du travail, paru récemment à l’Atelier
Contemporain. Ouvrage comme on dit de résidence, le livre de J.P. Dubost
s’écarte toutefois de ce genre souvent un peu léger de production par
l’importance de l’investissement personnel dont il fait montre. Du travail est un travail solide.
Sérieux. D’un sérieux n’excluant heureusement pas l’humour et la fantaisie. Dont
l’intérêt pour moi réside aussi dans le fait qu’il se présente sous la forme
d’une aventure de pensée, menée « en
état de crise poétique et morale », crise dont l’auteur nous conte et compte aussi les
péripéties, sans les abstraire du pittoresque des circonstances où elles sont
nées.
lundi 11 mars 2019
ANTOINE ÉMAZ ET LES DÉCOUVREURS. MERCI.
![]() |
Gravure de Martine Rassineux sur un poème d'A. Emaz. |
Le poète Antoine Émaz qui figura à plusieurs reprises dans la
sélection du Prix des Découvreurs, est mort le 3 mars dernier. Il rejoint la
liste qui commence à être longue des disparus que nous aimons et qui comme par exemple
Ludovic Janvier ou Fadwa Suleimane, resteront encore longtemps bien présents
dans notre cœur.
C’est Ariane Dreyfus, je crois, qui la première m’incita, à
l’occasion de notre rencontre à la fin des années 90, à me rapprocher d’Émaz
pour laquelle, outre une grande admiration pour son travail poétique, elle
éprouvait un véritable attachement pour les qualités humaines dont il savait
l’accompagner. Et c’est donc assez naturellement que je lui proposai de figurer
dans la sélection d’estampes que sur la proposition du maître typographe
François Da Ros et de sa compagne Martine
Rassineux, graveuse, je réunissais pour qu’ils en fassent la magnifique série qu’on
peut toujours découvrir sur leur site.
vendredi 8 mars 2019
BIENTÔT L’HEURE DES GRENOUILLES PENSANTES ? RENCONTRES EN MILIEU SCOLAIRE. LA MEL. LA RÉFORME DES LYCÉES...
« Nous ne sommes pas des grenouilles pensantes, nous ne sommes pas des appareils objectifs et enregistreurs avec des entrailles en réfrigération, — il faut sans cesse que nous enfantions nos pensées dans la douleur et que, maternellement, nous leur donnions ce que nous avons en nous de sang, de cœur, d’ardeur, de joie, de passion, de tourment, de conscience, de fatalité. La vie consiste, pour nous, à transformer sans cesse tout ce que nous sommes, en clarté et en flamme, et aussi tout ce qui nous touche. »
C’est à ces magnifiques paroles de Nietzsche, extraites du Gai savoir, que je songe immanquablement
avant chaque rencontre. Notamment en milieu scolaire. Que j’y intervienne comme
poète, même un peu négligé par ses pairs, ou plus indirectement comme
accompagnateur et organisateur.
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