vendredi 21 juin 2024

POÉSIE, CINÉMA, ROMAN. LIRE LE DOUBLE ÉTÉ D’ARIANE DREYFUS AUX ÉDITIONS DU CASTOR ASTRAL.


 

Comme l’écrit le poète Stéphane Bouquet dans une rapide note de lecture publiée dans EAN (En Attendant Nadeau) « ce n’est pas la première fois, loin de là, qu’Ariane Dreyfus s’inspire d’un film ou d’une danse pour les redire en poème. Mais ce livre porte cette stratégie d’écriture à son amplitude maximale, se servant du film de Mikhaël Hers comme d’un tremplin imaginaire, suivant à sa façon la souffrance, le deuil et la joie des personnages qu’elle mêle à sa propre vie (le goût du piano ou l’amour des chats) ou encore à d’autres films, d’autres danses. Tout cela se fait avec une telle empathie que cette suite de poèmes flirte à sa façon avec le roman. On lit pour aimer la langue mais aussi pour savoir la suite et la joie, la joie qui revient toujours. »

 

mercredi 19 juin 2024

DÉCOUVREZ NOS NOUVEAUX PARTAGES AVEC PRENDRE LA MER DE SABINE HUYNH AUX ÉDITIONS BRUNO DOUCEY.

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Heureux de présenter aujourd’hui la nouvelle formule de nos anciens pARTages. Inspiré par le recueil de la poète et traductrice Sabine Huynh, Prendre la mer, ce numéro consacré à la question des migrants océaniques part de l’évocation faite par cet auteur de l’expérience de milliers de vietnamiens qui auront traversé les mers, mer de Chine, des Philippines, océan Pacifique pour se réfugier au Canada entre la fin des années 70 et le début des années 80.

mardi 18 juin 2024

UN JOURNAL DE CRISE PAS TOUT À FAIT COMME LES AUTRES. AU FAIT & AU PRENDRE DE JEAN-PASCAL DUBOST CHEZ TARABUSTE.


 

Il est ce qu’on pourrait appeler l’un de nos plus prodigues et aventureux logophiles, pour ne pas dire logolâtres. Depuis des décennies, Jean-Pascal Dubost s’ingénie, puisant à quantités de réserves verbales, force même étant présumées mortes, à tenter d’insuffler vie à d’ébouriffants objets de langue dont les matières par lui mâtinées, empiécées, recousues, surfilées, s’attachent au finir, à figurer le monde sans en passer par les communes illusions des parlages plus ou moins mal partagés du moment.

vendredi 14 juin 2024

IMAGES QUI NE ME LAISSENT PAS DORMIR. LE REPOS DURANT LA FUITE EN EGYPTE DE JOACHIM PATINIR DU MUSÉE DU PRADO.

 

Dans les belles compositions de Patinir où j’aime depuis très longtemps me perdre, il n’y a pas que le paysage qui compte. Conformément d’ailleurs à l’esprit de l’époque, il reste essentiellement le cadre privilégié d’une narration dont il importe de savoir remarquer les divers éléments pour rendre davantage justice à l’artiste qu’il fut qu’on ne doit pas réduire à n’être, comme je l’ai jadis lu quelque part, qu’un sublime « harpailleur du ciel ».

mercredi 12 juin 2024

CONCILIER LE CŒUR AVEC LA RAISON GRÂCE AU PREMIER ROMAN DU PHILOSOPHE ET POÈTE ALEXANDRE BILLON.


Je garde pour l’été le plaisir de lire ce premier roman d’Alexandre Billon que ses interventions dans le cadre de sa sélection pour le Prix des Découvreurs 2020, qu’il a d’ailleurs remporté, m’ont permis de mieux connaître.

J’y trouve déjà comme un air de famille avec le beau roman, à mon sens injustement traité de Richard Powers, Sidérations, paru chez Actes Sud.

Pour moi, je ne doute pas que l’intelligence dépourvue de posture et la sensibilité sans affèterie que j’ai reconnues chez cet auteur enrichiront mes belles soirées ligures.

 

dimanche 9 juin 2024

LES DÉCOUVREURS CONTINUENT !

QUELQUES PAGES EXTRAITES DE NOTRE CAHIER CONSACRE A STEPHANE BOUQUET

Depuis pas mal d’années, mon mois de juin aura été presque entièrement occupé par la mise en forme de ce qui a fini par devenir mes Cahiers d’accompagnement du Prix des Découvreurs : des livrets d’un peu plus de vingt pages destinés à faciliter aux jeunes ainsi qu’à leurs professeurs l’entrée dans les ouvrages de nos diverses sélections. Composés d’une rapide présentation, de quelques brefs commentaires se voulant éclairant, ils présentent l’originalité d’accompagner plusieurs extraits significatifs de chacun des ouvrages par un choix d’images sensées en éclairer comme en prolonger la lecture, le soin apporté à la mise en page comme à la réalisation de ces livrets étant aussi voulu pour en augmenter l’attrait. C’est par dizaines de milliers que se comptent leur vue. 

vendredi 7 juin 2024

MA SÉLECTION D’OUVRAGES RÉCEMMENT REÇUS.


 

Où nous voyagerons des berges du lac Michigan à celles du golfe d’Aden en passant par les cases des Bijoux de la Castafiore d’Hergé, des couloirs d’hôpitaux, oscillant du temps de la douleur à celui espéré de la fête, à la poursuite d’un sens qui même recherché à travers le passé reste toujours devant soi, à venir. On y entendra le cri de Tarzan, peut-être celui des hyènes évoquées dans certaines lettres de Rimbaud l’africain. On mourra avec nombre d’illusions pour mieux renaître parmi les mille et une pattes d’oiseau des signes. On passera par les proses, le sonnet, les vers blancs… tous les types possibles de justification. Cela pourra venir en rafales, en murmures, sous formes de relevés, de notations, de creusements, de croisements, d’invocations, d’évocations, de traductions, transpositions, célébrations, fustigations… La poésie est toujours belle qui va du cœur jusqu’aux confins. Puis se retourne. Hâte, maintenant qu’avec l’arrêt du Prix des Découvreurs ma liberté de lectures m’est redonnée entière, de suivre un peu plus à la trace, ces livres qui rappellent à quel point notre monde et ses images sont divers. Et attendent par nous d’être mieux accueillis.

jeudi 6 juin 2024

À PROPOS DE L’APPEL AU BOYCOTT DU MARCHÉ DE LA POÉSIE.


 

Que les esprits sont prompts à s’enflammer ! À peine prennent-ils connaissance d’une chose, en l’occurrence une décision, qui déplaît, qui sûrement prête à discussion, qu’au lieu d’en rechercher les véritables et différents mobiles, de rediscuter avec les parties concernées des faits et des résolutions, ils se précipitent,  prêtant à leur prochain les motivations sinon les plus noires, du moins les plus basses pour en appeler publiquement sans attendre aux ultimes condamnations. Manière pour certains, de se donner obliquement la noble et facile posture du combattant farouche à l’intraitable probité.

 

lundi 3 juin 2024

LA DIVULGUE DE GUILLAUME ARTOUS-BOUVET À LA RUMEUR LIBRE. DÉVISAGER POÈME. QUELLE RÉVÉLATION !

 

 C’est à une expérience de lecture hors du commun que nous invite une nouvelle fois Guillaume Artous-Bouvet avec son dernier livre, La Divulgue, suivi d’Aragne et de Merveillement, publié par la rumeur libre. J’ai plusieurs fois évoqué les ouvrages de cet auteur et sa façon bien à lui de partir d’un référent culturel célèbre, pages de romans de Balzac (Glacis), histoire de la Dame de Shalott illustrée par le peintre préraphaélite Waterhouse (Vitré), cycle arthurien avec sa Prose Lancelot, insistant sur la façon dont, arrachant la langue à ses points de fixation habituels, nous la rendant en partie étrangère, sans qu’elle se montre jamais en revanche illisible, il lui redonne comme sa jouissance première, la rendant toute ou presque à sa poétique fonction qui est non de s’évanouir, se dissoudre dans la transmission qu’elle ferait d’un sens, mais de se maintenir et brasiller, toujours, en premier plan. Dans son irréductible présence.